Punissons La Rochelle !
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Punissons La Rochelle !

Faut-il punir La Rochelle ?

Les socialistes doivent-ils chercher un lieu plus accueillant, pour leur université d'été annuelle ? "La question se pose" lâche Elisabeth Guigou, prise de court sur France Inter par la question de Pascale Clark. Avis de tempête sur La Rochelle. On peut être sûr que pas un socialiste, dans les jours qui viennent, ne passera à portée d'un micro, sans que question lui soit posée (immédiatement avant ou après cet autre sondage express: "Olivier Falorni doit-il siéger au groupe socialiste de l'Assemblée ?") Questions essentielles, en effet. Il faudrait les rajouter d'urgence à l'ordre du jour du G 20.

Priver La Rochelle, la mal-votante, d'université d'été socialiste, est une peine particulièrement douce, en regard du crime commis. Sans vouloir m'immiscer, on pourrait aller plus loin. On pourrait nationaliser les orgueilleux voiliers qui font l'odieuse fierté des autochtones. On pourrait couper, voire détruire, le pont de l'île de Ré, et en recontruire un autre, pour relier directement l'île de Ré à Nantes ou Tulle. On pourrait y transférer la centrale de Fessenheim. On pourrait interdire aux Rochellais l'accès à Twitter. On pourrait organiser sur le port une grande commémoration nationale d'hommage à Richelieu qui, lui, sut parler à ces sauvageons. Que mille fleurs d'imagination s'épanouissent.

Au fait, d'où vient la question ? Pascale Clark a-t-elle sorti cette hypothèse punitive de son cerveau fertile ? Mais non. Elle l'a lue sur le site du Monde, où une éditorialiste elle aussi très imaginative raconte sur son blog que pour les socialistes "La Rochelle est devenue le port de l'angoisse", et qu'ils "songent sérieusement" à chanter "La Rochelle c'est fini". Pas une citation précise d'un seul responsable socialiste, même off the record, ne vient étayer cette note de blog. Mais on n'est pas à ça près: le canard a commencé à courir. Le jour où le gouvernement décidera de taxer les bulles médiatiques stupides, il ne sera peut-être plus nécessaire d'instaurer une nouvelle tranche à 75% de l'impôt sur le revenu, ce qui fera bien de la peine à David Cameron.

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