New York interview blues, suite
Le matinaute
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chronique

New York interview blues, suite

New York Interview blues, épisode deux.

Quels furent donc les termes exacts de l'altercation Sarkozy-Kouchner, à New York, altercation dont la célèbre humoriste Arlette Chabot a fait les frais ? On savait que le différend avait porté sur d'éventuelles sanctions énergétiques à l'égard de l'Iran. On savait que l'Hyper avait été énervé par une interview "colombe" accordée sur le sujet au New York Times, par un Kouchner se souvenant soudain de son image humanitaire d'antan. On savait que Sarkozy avait ensuite retiré de son discours une phrase menaçant l'Iran de "sanctions énergétiques massives", pour ne pas apparaître en désaccord avec son ministre.

Et voici le ministre, ce matin, sur France Inter, au micro de Demorand. Interrogé, Kouchner commence par fanfaronner. "Aucun différend, je parle au président de la République. Il arrive même qu'il me réponde". Et l'échange fatal, selon Kouchner, n'a duré "que une seconde cinquante", durée brève en même temps que précisément mesurée, on en conviendra. Mais Demorand l'asticote, obligeant Kouchner à réitérer ses objections contre un éventuel embargo pétrolier de l'Iran. Et qu'a répondu Sarkozy ? insiste Demorand. Et Kouchner, dans un souffle : "Il ne m'a pas répondu sur l'Iran, il m'a répondu sur la Birmanie".

Ah le curieux échange géopolitique, qui plonge le matinaute dans la perplexité. On n'ose pas croire que Sarkozy ait renvoyé Kouchner dans ses cordes, en lui rappelant sa casserole birmane (dans un rapport payé 25 000 euros, et financé par Total, Kouchner avait assuré en 2003 que le pétrolier français n'avait pas recours au travail forcé en Birmanie, contredisant ainsi les rapports de toutes les ONG sur le sujet). On n'ose pas croire qu'une discussion sur un sujet si sérieux, entre le président et son ministre, se conclue par un mesquin "je te tiens par la barbichette". Patience : vue la densité au mètre carré de journalistes de premier ordre ayant assisté à l'échange, on finira bien par avoir l'intégrale.

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