Dabadie et Piccoli, contre le néo-libéralisme
chronique

Dabadie et Piccoli, contre le néo-libéralisme

J'ai toujours gardé dans un coin de mémoire, depuis le premier visionnage, la tirade de la colère de Piccoli dans Vincent, François, Paul et les autres. "Je vais pas entendre des conneries toute ma vie. Recevoir des leçons imbéciles jusqu'à la fin des temps. Un écrivain qui n'écrit pas, un boxeur qui ne veut pas boxer. Des bonnes femmes qui couchent avec n'importe quoi. Meeerde ! Je vous emmerde tous, avec vos dimanches, et votre gigot à la con !" Je ne me souvenais plus du cadre de la tirade -le découpage dominical du gigot dégusté entre potes quinquagénaires. Je ne me souvenais plus des mimiques piteuses du casting de rêve, plongeant le nez dans son assiette (Reggiani, Depardieu, Montand). Je ne me souvenais que de cette colère du chirurgien arrivé contre les losers, et comme elle atomise les faux-semblants de la fiction d'une bande de potes qui transcenderait les frontières sociales. "Un écrivain qui n'écrit pas, un boxeur qui ne veut pas boxer !" Revu aujourd'hui, il prend une saveur singulière. Plusieurs internautes ont vu, dans le personnage joué par Piccoli d'un médecin passé du dispensaire de banlieue de sa jeunesse à la clinique privée des beaux quartiers, l'allégorie des anciens socialistes convertis au macronisme. Il faut reconnaître que ça fonctionne.

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