Lepage, Cheminade, peticandidats
Le matinaute
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Lepage, Cheminade, peticandidats

Attention, chers zauditeurs et téléspectateurs, bouchez-vous le nez et les oreilles

, voici que déboulent les peticandidats. Saisissez vos longues pincettes ! Si nous les recevons, nous autres des granmédias sérieux, pas de méprise: c'est vraiment parce que nous y sommes obligés par une réglementation inique. Pascale Clark, de France Inter, a donc décidé de croquer tout cru le peticandidat Cheminade, qui vient de déposer 538 signatures au Conseil constitutionnel. Hors d'oeuvre: "le 11 septembre a-t-il eu lieu ?" (question dont la finesse justifie qu'elle soit posée deux ou trois fois). Plat de résistance: "combien d'argent nous devez-vous encore ?" Car il se trouve que les comptes de campagne de Cheminade, pour la présidentielle de 1995 à laquelle il se présentait déjà, ont été invalidés par le Conseil constitutionnel. D'où la (re) fine question de Clark: "combien nous devez-vous ?" (ndlr: à nous, honnêtes contribuables).


Certains trouveront peut-être cette question pertinente, et justifiée.
Et notamment justifiée par les curiosités du discours du Monsieur, qui développe de savants et tortueux parallèles, par exemple, entre Obama et Hitler. Certes. Mais si on rappelle à Cheminade l'invalidation de ses comptes de campagne de 1995, encore faudrait-il (eût-il fallu) poser la même question, avec la même brutalité, à Balladur et à Chirac, dont les comptes de campagne lors de la même élection, quoique non conformes, ont été validés par un coup de force

picto du président du Conseil constitutionnel d'alors, Roland Dumas.

L'épisode a été rappelé en détail (et non sans tremblements et réticences, par exemple à TF1) par quelques journalistes hardis, à l'occasion de l'affaire Karachi. Mais Pascale Clark, à l'époque du Sarkozistan triomphant, devait avoir un trou de mémoire.

Après Cheminade, voici sur France Inter un peticandidat du genre femelle, Corine Lepage. Elle est opérée, elle, par Patrick Cohen. Lepage déplore que les "vrais sujets" soient évacués de la campagne. Au rang de ces "vrais sujets", par exemple, la lutte contre l'obésité, et les règles que l'on ose imposer, ou non, à l'industrie agro-alimentaire. Cohen, sceptique: "est-ce bien du niveau présidentiel ?" Lepage: "au moins autant que la viande halal". Et vlan. Au moins l'irruption dans le débat des peticandidats va-t-elle renverser les perpectives. Pour le pire et le meilleur.

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