Jour J : Referendus interruptus
Le matinaute
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chronique

Jour J : Referendus interruptus

Bon, Christophe Castaner, il va falloir qu'on parle sérieusement. En ce petit matin du 13 juin , c'est un signataire frustré qui vous parle. Et frustré en ce grand jour, le premier jour du recueil des signatures visant à soutenir l'initiative d'un référendum d'initiative partagée, pour "affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris". Ca s'appelle comme ça. Et c'est ici.

Donc ce matin, au réveil, je me connecte sur le site. Bon, ce sont des petites lignes. Pour les vieux, c'est pas gagné. Mais l'essentiel, c'est à dire le bouton, est là, en bas à droite. Enfin le bouton ! Donc, je coche "je soutiens". Commune de vote, nom, prénom, date et lieu de naissance  : comme il est normal, vous prenez toutes vos précautions pour éviter la fraude. Je prends bien note que toutes ces données seront détruites deux mois après la fin des opérations. Et là, horreur !

Je vérifie. J'ai pu me tromper. Je reconnais volontiers que je peux être distrait. Surtout le matin. Ah oui. Sur ma carte d'électeur, mon deuxième prénom, Raphaël, est inscrit sans "a". Raphel. Je n'avais jamais fait attention. Espoir : peut-être le système connait-il ce Raphel. Hélas !

Vous savez ce que c'est, dans ce cas-là. On s'acharne. On essaie les majuscules, les minuscules. Mais non !

J'en suis là. Et je note que rien n'est prévu pour mon cas, sur votre site. Pas de hotline, pas de possibilité de vous écrire en privé, pour arranger le coup, ce qui est fâcheux pour tous les inconnus des listes dans mon genre, qui ne peuvent pas vous parler comme je le fais ici. Ce n'est que mon cas, bien entendu. Et il est encore trop tôt pour savoir si c'est un cas isolé. Nous le saurons très vite. Je suis sûr que si c'est un bug, vos équipes vont le corriger très vite. Je suis sûr que vous avez, au ministère, des équipes dédiées, sur le pied de guerre, prêtes à débugguer avec la célérité nécessaire, pour ne pas perdre un jour, une minute, des neuf mois pendant lesquels il va falloir recueillir 4 717 396 signatures. Ce n'est pas possible autrement. J'ai bien entendu votre Premier ministre, voici quelques jours à l'Assemblée : "aucune votation, aucune élection, ne fait peur aux démocrates". Auparavant, il avait estimé que ce référendum posait "un vrai et grave problème démocratique". Il a changé d'avis. Comme vous : après avoir refusé, le mois dernier, de recevoir les parlementaires d'opposition à l'origine du RIP, je note que vous allez les recevoir cet après-midi. C'est très bien. Tout le monde peut changer d'avis. Personne ne pourrait imaginer qu'un gouvernement qui ne craint pas le vote des citoyens ne déploie pas toute son énergie pour permettre au suffrage universel de s'exprimer. Je retente dans la journée, et je vous tiens au courant.

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