France 2 : Giesbert le sulfateur
Le matinaute
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chronique

France 2 : Giesbert le sulfateur

Après la salve habituelle de résultats, de gagnants, de perdants, et d'infographies

, Pujadas -innovation- lance la seconde partie de la soirée: et maintenant, que va-t-il faire, ce gouvernement, avec son hyper-majorité ? Générique, jingles, permutations de chaises, et prennent place les éditocrates habituels, l'escadrille des sachants pujadiens.

En tête d'escadrille, Giesbert, directeur du Point. Le nouveau Giesbert, le desperado libéral à crinière fauve, celui qui sulfate à tout va, qui balance du haut du ciel son tapis de vérités au napalm. Giesbert qui les a tous vus naître, les élus et ministres, et grandir, se chamailler, s'entretuer, et n'a plus d'illusion sur aucun volatile de cette basse-cour, même ceux qu'il honore d'une tendresse de parrain. Et immédiatement, c'est la douche attendue: le gouvernement n'a pas osé dire la vérité, mais les sacrifices vont être terribles. Ce que personne n'ose dire (car les politiques sont des lâches, et les Français des autruches), je vais vous le révéler: ça va tailler de partout. Giesbert est appuyé en polyphonie par le directeur du Monde (et grand admonesteur de Grecs) Izraelewicz, par une journaliste du "The Economist", représentante estampillée de "nous à l'étranger on pense que", par le correspondant à Bruxelles qui révèle en duplex que "à Bruxelles", personne ne comprend décidément la France. Des contradicteurs ? Non. Pigiste occasionnel au Point, Jean-François Kahn tonitrue, mais prudemment. Face à Giesbert, quiconque pense différemment (l'économiste Bernard Maris, et même François Lenglet, l'homme des graphiques) apparait immédiatement comme un simple préposé aux bémols.

"Flinguez-le", rugit immédiatement Twitter, de ses mille petites voix gazouillantes. "Sans sommation" précise le twittos Bruno Masure. Sans en arriver à ces fâcheuses extrémités, demandons-nous simplement: pourquoi Giesbert ? Pourquoi, au soir de la victoire de la gauche, France 2 invite-t-elle en tête d'escadrille le gourou des vaincus ? Quel article du cahier des charges de France 2, chaîne désormais dominante, prévoit donc que le Fouquier-Tinville des dépenses publiques fera partie des meubles, aura sa place de parking, dans chaque émission électorale? Quel jeu vont donc jouer Pujadas, et la chaîne publique, dans la partie qui commence ?


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