Climat : démanteler le GIEC ?
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Climat : démanteler le GIEC ?

Sur le front de l'apocalypse climatique, quoi de neuf ? Côté politique, Hulot visite les calanques de Marseille avec Macron et Pompili. Belles images. Beaux selfies. Il s'agit d'assister aux opérations de "déplastiquage" de la mer. Entre deux selfies, Hulot râle : "Dire qu’on peut ramasser du plastique à la petite cuillère, c’est n’importe quoi. Il faut arrêter ce foutage de gueule." Sinon, inondations à New York, records de chaleur, mégafeux partout. La routine. Ah, j'allais oublier la primaire écolo. Aligné.e.s comme des paquets de corn-flakes au supermarché, cinq candidats, chacun.e sur son créneau : le montagnard par la face gauche, le pompilo-compatible, la 100% laïque, l'intersectionnelle-punching ball, et un raton laveur. Face à eux, trois sévères examinatrices leur font passer, scrogneugneu, leur brevet en "universalisme". Êtes-vous assez "universalistes" ? Et la burqa, dans tout ça ? J'ai même entendu le mot "burkini", à moins que j'aie rêvé.

Dans les coulisses, loin des candidats écolos et de leurs examinatrices, ça phosphore pourtant. Et ça phosphore hétérodoxe, donc stimulant. Ça phosphore "hors de la boite". Dans Le Monde, trois enseignants d'école de commerce à Clermont-Ferrand nous alertent sur l'urgence d'apprendre à "désinnover". Nous ne savons pas "fermer les choses". Nous réfléchissons en termes d'innovation, de projet, de gestion, d'ingénierie, de champ des possibles à explorer. Mais parallèlement (zones contaminées, vieilles centrales, glyphosate, nitrates, etc), il faut aussi fermer, supprimer, démanteler, démolir, liquider. "Les peuples de la fermeture sont nombreux, et travaillent dans l'ombre (surtout la nuit, d'ailleurs)". Voilà pourquoi "chaque rapport du GIEC génère un sentiment de lassitude supplémentaire" (les trois avaient déjà publié une tribune sur le même thème en 2019).

À propos du GIEC, le chroniqueur écolo du Monde Stéphane Foucart va plus loin, en se demandant si ses rapports successifs toujours plus alarmistes ne sont pas, finalement, contre-productifs. Non seulement les images du métro de New York inondé sont désormais plus efficaces que les superlatifs des scientifiques, mais "le GIEC inscrit son travail dans un cycle sans fin. Aussitôt le sixième rapport rendu, le septième est mis en chantier. Un huitième lui succédera, et ainsi de suite. L’expertise apparaît ainsi toujours inachevée, comme si elle était sans cesse à parfaire, à jamais insuffisante". Et non seulement ce processus est sans fin, mais "il donne aux responsables politiques l’illusion d’agir. Nous agissons, semblent penser les décideurs, puisqu’une armée de scientifiques y travaillent perpétuellement (...) La science a-t-elle été, tout ce temps, utilisée plus ou moins inconsciemment par le politique comme instrument d’une manœuvre dilatoire ?" Donc, démanteler le GIEC ? Peut-être, mais par quoi le remplacer ?


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