Cannabis, les pour, les contre, et les autres
Le matinaute
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Cannabis, les pour, les contre, et les autres

Aie. Situation désastreuse pour un chroniqueur matinaute

: sur le sujet du matin -la dépénalisation du cannabis- je suis dans la pire situation imaginable: je n'ai pas d'opinion. Je sais que je manque à tous mes devoirs, que c'est déplorable pour le buzz, pour les reprises, mais je me sens incapable de rejoindre les pour ou les contre. Circonstance aggravante (attention, coming out qui tue) n'ayant jamais pratiqué personnellement, ou bien il y a si longtemps que le souvenir s'en est depuis longtemps dissipé, je ne puis malheureusement faire état d'un témoignage de première main. Quant aux effets observés sur autrui, je ne saurais en tirer de conclusions générales.

Une dépénalisation, avancent les pour, couperait l'herbe (pardon) sous le pied des trafiquants ? Peut-être. Qui sait ? Il faudrait tester. Oui, mais le cannabis (répliquent les contre) provoque de graves troubles mentaux. Peut-être. On ne sait pas. Il faudrait faire des recherches. Comme dans beaucoup de sujets ( tiens, au hasard, les OGM, pour n'en citer qu'un seul), elles sont pour l'instant fragmentaires, et controversées. Sur les effets éventuellement nocifs du cannabis sur la santé, on cherche encore. Enfin, on cherche peu. On tente de chercher. Ne serait-ce que pour une raison, si j'en crois cet article de Wikipedia: il est difficile pour les chercheurs de développer des recherches sur des échantillons obtenus légalement, puisque la matière première est illégale. Donc, gardons-nous bien de chercher.

S'impose le sentiment désagréable que le verrouillage de ce débat, à gauche, par Hollande et Ayrault, est seulement commandé par la trouille. La trouille de la réplique de la droite. Et plus précisément, de la droite de la droite. A propos de l'affaire de cette élue parisienne, Florence Lamblin, mise en examen pour blanchiment (alors qu'il s'agit selon toute vraisemblance d'une "simple" affaire d'évasion fiscale, ce qui n'est pas moins répréhensible, mais n'a rien à voir), il s'est trouvé quelques voix à droite pour dégainer plus vite que leur ombre, et relier l'affaire aux coupables complaisances des Verts pour la fumette. A peine Peillon a-t-il proposé de rouvrir le débat, que la droite se déchaîne. "Gauche pétard", "shit type": vive twitter, et vive les hashtags qui tuent. Bref: plus que jamais ni pour ni contre, bien au contraire. Mais simplement, en attendant mieux, contre les contre.

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