Anne Sylvestre, et pif, et paf, et na !
chronique

Anne Sylvestre, et pif, et paf, et na !

Deux choses énervaient particulièrement Anne Sylvestre quand elle accordait des interviews : qu'on lui ressorte son père collabo, et qu'on la ramène systématiquement à son tube "Les gens qui doutent". Le père collabo, heureusement, n'arrive que tardivement dans la belle nécrologie de Véronique Mortaigne, dans Le Monde. Sur "Les gens qui doutent", on peut la réécouter sur France Inter. Si elle devait la réécrire, confiait-elle à Laure Adler, elle l'aurait réécrite autrement. Et na !

Dans ce monde compliqué, Anne Sylvestre a jugé plus simple de se tenir à l'écart des questions tordues des stars de la radio et de la télé. Qui le lui ont bien rendu. C'est bien pratique, un boycott implicite et réciproque. Et puis, diffuser chez Drucker son répertoire  antimilitariste et féministe, vous n'y pensez pas ? Sans parler de sa rupture avec son producteur, Philips. C'est en 1976 que Drucker l'invite pour la première  fois ("ça fait longtemps que je souhaitais vous rencontrer"), et YouTube garde une trace savoureuse de cette rencontre de  la poule rebelle et du couteau en sucre glace. Derrière la chanson "Dis-moi donc bergère", concentré de féminisme ironique et pastoral, deux minutes pour  soulever le couvercle interdit, et expliquer pourquoi elle a rompu avec son producteur. "C'est important ce que vous avez dit, ça ferait l'objet d'un vaste débat..." conclut le présentateur. Certes.

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