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La boîte noire

Comment peut-on en être là ? Comment peut-on en être à ce déferlement d'abonnés,

 

Comment peut-on en être là ? Comment peut-on en être à ce déferlement d'abonnés,ici et , dont un bon nombre en sont à leur premier message (comme l'autre jour, nombre de manifestants étaient à leur première manif) ? Comment en est-on là, alors que je me réjouissais de ce plateau Péan, de cet invité si riche et si chatoyant, en pleine actualité ? Comment en est-on là alors que, comme beaucoup d'entre vous, la fréquente réduction de toute actualité à la question antisémite m'exaspère ? Alors que je ne connais personnellement ni Kouchner ni Péan, mais si je devais choisir entre les deux un camarade de vacances (hypothèse), je choisirais évidemment Péan ?

Bon. Tenter de comprendre. S'y remettre. Remonter à cheval. Pas la peine d'attendre. On va faire de l'arrêt sur images, et le faire vraiment. Si j'ai dérapé, comme l'estime la majorité d'entre vous, où et comment ? On va essayer de faire parler la boîte noire, même si elle doit être moins flatteuse pour moi que celle de Chesley Burnett Sullenberger.

Les time-codes ci-dessous sont ceux du quatrième acte de l'émission.

Les deux premières minutes: rien à signaler.

2'35: mon deuxième "pourquoi" est inutilement appuyé. Le premier suffisait.

3'26: "on fait attention. On est écrivain, donc on fait attention aux mots qu'on choisit": le ton est inutilement donneur de leçons.

4'45: Ma question sur Le Monde: correcte. Je dis exactement ce que je voulais dire. Ouf !

5'18: "On finit pas par faire gaffe, quand même ?" C'est là que je dérape. Ou plus exactement, je fais du surplace. Ne pas répéter deux fois la même question. Si on la repose, la reposer autrement. Si un obstacle se présente, ne pas taper dedans. Contourner. Ruser.

5'51: "...que vous appelez Lévy". Deuxième faute. Il a parfaitement le droit de l'appeler Lévy. J'aurais du dire: "que certains, comme Aphatie sur son blog, vous reprochent d'appeler Lévy", pour le placer en position de répondre à Aphatie, et pas à moi. Mais je suis stressé par la tension croissante de l'entretien.

8'40: "Je suis pas dans le secret de votre âme": après qu'il m'a concédé qu'il enlèverait le mot cosmopolite s'il devait réécrire le livre. La faute majeure. J'aurais dû arrêter là, et passer au chapitre suivant. Mais non. Impossible. Je reste comme arrêté. Pas sur une image, mais sur un silence.

Faute annexe, qu'on ne voit pas à l'écran: je n'aurais pas dû m'en tenir à ce seul exemple de "cosmopolite". J'aurais dû citer d'autres mots, d'autres tournures de phrases, tout ce qui, le livre refermé, crée cette étrange impression.

Voilà, Mesdames Messieurs. Pas fier de moi. Pas très pro, l'animateur. Encore plein à apprendre. Maintenant, pas la peine de continuer à taper, j'ai compris.

J'ai tout lu. Des centaines de messages des deux forums précédents, je voudrais extraire le suivant, de Bertrand Vibert, qui correspond assez bien à mon propre témoignage sur le crash.

1° L'ensemble commençait bien en effet (dans un climat de confiance assez détendu et favorable à l'échange).

2° Je m'étonne tout de même de la fragilité de Péan sur le soupçon d'antisémitisme. On se dit qu'il en a dû en entendre ou en lire bien d'autres à son sujet, que c'est un dur à cuire des médias, et qu'il est logique que son portrait charge contre BK donne lieu à des contre-attaques, loyales ou non. C'est le moins qui peut arriver à un polémiste, car c'en est un, non ? Or on se surprend à plaindre PP comme s'il était une victime naïve et désarmée alors qu'on attendrait au contraire de sa part du répondant. C'est la posture naturelle de DS, qui semble lui même déstabilisé par ce décalage qu'il ne parvient pas à maîtriser.

3° L'échange s'arrête aussi parce que DS reste à son tour presque paralysé, ou, comme il le dit je crois, « sans voix ». Comme s'il n'arrivait ni à quitter le terrain de l'antisémitisme, ni à aborder un autre terrain. DS s'est laissé enferrer dans une erreur (humaine), puisque responsable de l'ITW, il est aussi responsable de la relation qu'elle crée. Or, malgré lui, il fait en sorte que PP et lui n'aient plus rien à se dire.

4° Je ne crois pas du tout PP antisémite. Il est navré par l'emploi d'un mot litigieux (le seul dans le livre, semble-t-il), lourdement connoté il est vrai, ce qu'il reconnaît bien volontiers. Il le retire donc. (S'il n'y avait tout le reste, cela aurait suffi en d'autres temps à éviter une rencontre sur le terrain entre BK et PP). Mais à supposer même que
l'inconscient
ait soufflé ce mot malheureux à PP, nul ne peut à mon sens être tenu pour pénalement ni moralement responsable de la part de soi sur laquelle nul n'a prise. Je veux dire que l'antisémitisme et le racisme sont des parts d'ombre de l'être humain parmi beaucoup d'autres guère plus avouables (chacun plus ou moins les siennes), mais que ce sont de surcroît des tabous des médias qui deviennent selon les cas des armes ou des pièges. Or la situation est ici effectivement piégée, et bloquée. Car PP estime ne plus pouvoir répondre, et DS estime ne pas devoir lâcher le morceau, quand même !

5° Émission pas si mauvaise, au fond, puisqu'elle fait réfléchir. Et on espère que PP et DS s'en remettront. Quant à BK, on a fini par l'oublier. C'est là le problème, non, même si DS, conscient de la chose, nous supplie de ne pas nous en tenir à la fin.

Globalement, à l'heure où j'écris (samedi matin), Bertrand Vibert exprime à peu près ce que je pense de cette émission.

Un dernier mot. Vous êtes nombreux à me demander de présenter des excuses.

J'en présente volontiers à nos abonnés pour cette fin d'émission que je n'ai pas sû gérer, et pour les dernières réponses dont je les ai privés. Comme le remarquent nombre d'entre vous, dans l'histoire, finalement, on a oublié Kouchner, et c'est le principal effet pervers du crash. L'affirmation de Péan, par exemple, selon laquelle il s'est fait domicilier en Corse, pour être remboursé par le Parlement européen des billets Corse-Paris, affirmation démentie par Kouchner. Vraie ou fausse ? Patrice NoDRM, qui nous suit depuis longtemps, aurait bien aimé savoir. Moi aussi. Et j'avais Péan sous la main. Trop bête.

Quant à Pierre Péan, journaliste dont je respecte le parcours, je souhaite seulement lui dire, s'il repasse par ici, que je le crois parfaitement sincère, quand il assure ne pas être antisémite. Je souhaite lui dire aussi ceci: il n'y a pas de questions interdites, Pierre, et je sais que tu le comprends. Il n'y a pas d'insistances malpolies. C'est notre boulot, de faire la lumière, toute la lumière. Encore faut-il le faire habilement, et professionnellement. Et tu dois bien avoir quelques longueurs d'avance sur moi, puisque toi, tu as réussi à garder Mitterrand jusqu'au bout, et à le poser impeccablement dans l'Hudson. Petit Scarabée a encore à apprendre.

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