Dominique Seux et les prud'hommes : tiens, un grumeau !
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Dominique Seux et les prud'hommes : tiens, un grumeau !

C'est un bout de phrase de Patrick Cohen qui pourrait presque passer inaperçu.
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Dominique Seux et les prud'hommes : tiens, un grumeau !

C'est un bout de phrase de Patrick Cohen qui pourrait presque passer inaperçu.

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Seux n'a toujours pas compris ce qui crève pourtant les yeux : pour résorber le chômage, il suffit de prendre simultanément deux mesures simples : Primo, augmenter salaires et pensions pour relancer la demande. Secundo, baisser salaires et pensions pour soulager l'offre. On surestime la complexité de l'économie.
Hier, le compte Twitter FN Sciences Po (!) publiait ce photomontage, assorti de ce commentaire : Le parti des ouvriers, des salariés, des petits et des sans-grades, c'est nous ! #LoiElKhomri.
L'historien Christian Delporte rappelait à cette occasion (également sur Twitter) la manière dont deux membres de l'Action Française qualifiaient Léon Blum : Ce détritus humain (...) à tuer dans le dos (Charles Maurras). Le gentleyoutre (Léon Daudet).
C'est donc un gouvernement de gauche qui tire la conclusion du travail de sape de la justice des gouvernements de droite et de gauche de ces 30 (au moins dernières années):
- la justice prudhomale est lente (le Code du travail encore lui demande un délai d'un mois pour une première audience, on en est à 15 à 20 selon les régions): supprimons la justice prudhomale, remplacée par un forfait négocié (avec plafond, faut pas pousser quand même). Donc le salarié aura le choix: 3 mois de salaire tout de suite ou au maximum 6 mois dans 2 ans sit out va bien, 4 ans avec un appel

À signaler pour la grosseur du Code du travail que les grandes multinationales américaines font rédiger et traduire en français des pavés sur la sécurité du travail en hauteur, les techniques de manipulation de produits chimiques ou les normes qui font bien rire Challenges comme le nombre de toilettes ou de douches par centaine d'employés.
Donc au royaume du libéralisme assumé quand on veut éviter les procès en responsabilité de l'employeur, on édicte des règles internes aussi épaisses qu'un code du travail français, la différence étant que ça ne s'applique que dans les grandes entreprises, c'est peut-être ce qui est recherché?
Le 21 février 2006, suite à l'utilisation du 49-3 sur le CPE par Dominique de Villepin, François Hollande, alors secrétaire du PS, déclarait :
Vous avez fait du code du travail le bouc émissaire de votre incapacité à créer de l'emploi, et fait de son démantèlement l'objet même de votre politique.
"Une loterie, la Justice ? Eh oui. Certes. Mais c'est précisément son rôle. Dans une démocratie, le rôle des juges consiste précisément à appliquer le droit aux circonstances particulières de chaque affaire, après les avoir éclairées du mieux qu'elle peut. Et donc, oui, en accordant parfois des indemnités plus ou moins généreuses, en fonction des circonstances."

Donc non, ce n'est pas du tout une loterie. On ne peut pas confondre le hasard et les circonstances, ça n'a rien à voir.
Il va falloir nouer le lacet de la chaussure gauche, puis celui de la chaussure droite. Mettre le manteau, l’écharpe.
Et aller manifester.

Valls va nous dire que ce n’est pas possible à cause de l’état d’urgence.

Mais on ira quand même.
Epatée !
Vous écoutez tous la radio le matin ... c'est épatant.
Et vous supportez ?
Vous avez un secret ?
[quote=DS]Une loterie, la Justice ? Eh oui. Certes.
Ah mais non: tenir compte du contexte pour prononcer une condamnation, c'est pas la même chose que de la tirer au hasard. Ce qui relève de la loterie, par contre, c'est le fait, aux prudhommes comme ailleurs, de "tomber" sur un juge plutôt que sur un autre. Mais certains ont les moyens de s'arranger pour "tomber" au bon endroit... et du coup, même la "loterie" c'est plus équitable.
[quote=DS]a force qu'il copine avec les chaudes voix de Thomas, Patrick et Charline

perso ces voix me font plutot un effet répulsif ...
C'est en effet a désespérer. D'abord Bernard Maris remplacé par un économiste de terra nova, c'est ce qu'ils ont trouvé de plus à gauche tout en restant présentable selon leur critère. Si on écoute encore France Inter c'est juste pour fuir la pub.

Dans la même veine, il y a Challenge, le journal économique lié à la rédaction du nouvel obs, donc sensé être lui aussi à gauche. Un article datant de la semaine dernière énumérait les perles du code du travail définitivement trop lourd.
Pour illustrer cette obésité une infographie d'une grande pertinence qui montrait l'évolution du poids en fonction du nombre d'articles. Je vous laisse imaginer la grande valeur ajoutée scientifique d'une telle courbe.
Ensuite il moquait avec délectation une série d'articles légiférant les fonctions élémentaires du corps humain (des vraies bêtes ces ouvriers). D'abord, quels alcools sont tolérés sur le lieu de travail (cidre, vin et poiré), sous-entendu, on vous avait bien dit que c'était des ivrognes. Un article sur la dimension et le nombre de toilettes sur le lieu de travail y est tourné en ridicule, car est-ce bien à la loi de se préoccuper de si basses activités ? Enfin l'auteur s'amuse en précisant que l'employé qui mange un sandwich tout en restant devant son ordi est hors la loi. Rendez-vous compte brave gens, la loi les encourage à picoler, à prendre leur temps pour s’empiffrer et à se délasser sur le trône dans des toilette vaste et rutilant ! Non mais comment voulez-vous qu'ils travaillent ?

Bref c'est à vomir. Moi ce qui me choque plutôt c'est qu'il s'est trouvé un moment pour que le législateur estime nécessaire ces articles de loi. Cela montre qu'il n'était pas évident pour les employeurs que les ouvriers aient besoin de toilettes dignes de ce nom et d'une pose déjeuner.

Mais rassurons-nous, toujours sur france inter ce matin, on nous annonçait que dans l'éventualité d'un renoncement de François Hollande à se présenter nous aurions le choix, peuple de gauche, entre Valls et Macron.

Hummm, ça fait vraiment envie !
La tonalité de France Inter, de "centre gauche" ? Il y a longtemps que vous ne l'avez pas écouté ! C'est la parole de l'extrême-droite qui a le plus été mise en avant ces deux dernières années. Oh, souvent de façon perverse, non assumée par la radio elle-même ; mais c'est bien elle qui fait le choix des idées qu'elle relaie.
[quote=DS] la tonalité de France Inter étant, sur le plan sociétal, plutôt de centre-gauche, disons taubirienne
C'est à dire d'apparence progressiste, mais prompt au renoncement quand elle se confronte à ses privilièges.
Pourquoi ne pas organiser un petit débat revigorant entre Dominique Seux, "agréable à écouter, efficace aussi dans le débat contradictoire", et Pierre Joxe, aka "le dernier socialiste français", interviewé d'une des plus intéressante émissions de l'an passé (http://www.arretsurimages.net/emissions/2015-04-30/Pierre-Joxe-L-opinion-francaise-se-detache-de-l-interet-pour-les-pauvres-id7702) ?
Pour ma part, je n'écoute plus ce monsieur depuis longtemps. Seul son débat du vendredi avec le très regretté Bernard Maris, auquel il avait bien du mal à répondre, suscitait l'intérêt en ce qu'il montrait les limites de sa réflexion libérale. Il restait engoncé dans ses certitudes, quand bien même tout les contredisait. Je vois qu'il n'a pas changé...
Le contenu du discours de Seux n'a pas d'intérêt, ça n'est que la récitation docile de la vulgate libérale. Ses mimiques, en revanche ( c'est un bon acteur) en disent long sur l'idée qu'il semble se faire de lui-même. Il semble convaincu de mettre les pieds dans le plat, de pourfendre les lieux-communs ( de gauche) par ses insinuations ( de droite) qu'il juge subversives. Un curé, grimé en blasphémateur.
Seux...Je trouve tous les jours mieux à faire que l'écouter. Même intermède quand Salamé prend l'antenne. Et ce matin, comme toujours j'ai zappé le représentant des patrons. Sérénité oblige.
En ce qui concerne le super patron d' LVMH, j'ai vu il n'y a pas longtemps qu'il s'était offert une île au soleil. Mais enfin, comment aurait-il pu accéder à ce privilège si ses impôts le mettaient sur la paille ? Le PAUVRE!
Vingt ans que je lis des articles sur l'état pitoyable de la justice, de son inégalité territoriale, sociale et donc sur son inégalité de classe, in fine. Des années qu'on entend que le budget de la justice est inférieur à celui de pays bien moins "développés". Budget annuel de la Justice : un peu plus de 7 milliards. Bon sang, même si tout n'est pas une question d'argent, un gouvernement "de gauche" ne peut pas trouver, je ne sais pas moi, 3 milliards sur les 400 qu'il dépense annuellement, même pendant 4 ou 5 ans, pour remettre la justice à flot ? Je pensais que c'était beaucoup plus mais quand je regarde ce chiffre dérisoire, je me dis qu'y renoncer, c'est vraiment un choix! Tout changer dans l'Education Nationale, je peux concevoir que c'est très cher (quoique nécessaire), mais tout changer dans la Justice, c'est nécessaire ET possible !

PS : Si on doit confier pourquoi la chronique éco d'Inter à un extérieur, pourquoi ca ne tourne pas chaque jour. Un libéral, un keynesien, un marxiste etc. Là aussi, il y a quand même un choix délibéré : 4 jours d'ultralibéralisme, 1 vendredi légérement plus social....
Ce qui est dramatique c'est que la principale source d'analyse économique matinale vient de lui.
Combinée à la voix de B. Guetta et ses chroniques pro européennes libérales cela fait beaucoup.
Ajoutons y les trémolos de libéralisme politique (tant en politique intérieure qu'étrangère) de tous les autres journalistes, au final la sauce s'avère fort cohérente (libérale, point) et tout à fait indigeste.
La pincée de pseudo social saupoudrant le tout n'est qu'un mirage destiné à faire croire à quelques auditeurs endormis qu'ils écoutent une radio de gauche.

Est-il nécessaire de rappeler qu'après le départ de Mermet, la voix éteinte d'oncle Bernard, les interviews (Cohen, Salamé) tournant en ridicule ce que la France compte encore de malheureux combat syndical, la gauche n'est plus rien à l'antenne ?
"la Justice est éjectée des conflits du travail, comme elle a été éjectée de la lutte anti-terroriste par les dispositions de l'état d'urgence". Comment peut-on écrire ça? La justice continue à contrôler, certes a posteriori, les mesures prises pendant l'Etat d'urgence qui rappelons-le n'est pas une foucade gouvernementale mais une réaction à une menace concrète, malheureusement prouvée à plusieurs reprises par près de 150 morts.Par ailleurs, je ne lis nulle part que les Prud'hommes sont supprimés.
Sur D. Seux: Seux avance clairement, tous les auditeurs savent que c'est un journaliste économique classé à droite, de même que sur France Culture, on sait que Bouscarel, Erner, Mercier, Boué, Robert sont à gauche, version FG, comme DS, et que Brice Couturier est au centre et Philippe Manière plutôt à droite. Il ne faudrait quand même pas prendre les auditeurs pour des idiots congénitaux. Et dire que Seux est la voix du Medef est aussi pertinent que les critiques de droite, pour lesquels, il y a un certain temps, tout journaliste classé à gauche était la voix de Moscou. Par ailleurs, en quoi savoir ce que pense le patronat, ses stratégies, pose un problème?
En tant que lecteur assidu des Echos (afin de connaître ce que pense "mon ennemi",je suis obligé!), et je tombe sur un article lié aux attaques macronites de ce gouvernement liberalo libertaire ! Commençant ainsi :
"C’est la mesure que réclamait à cor et à cri le patronat. A l’issue d’intenses débats jusqu’à ce mercredi matin encore, le gouvernement a décidé d’acter une réforme du licenciement économique, ce que ni Nicolas Sarkozy ni Jacques Chirac n’avaient osé faire".

C'est une haute trahison du peuple de gauche et la classe ouvrière .Ça mérite pas une déchéance ?
Rappelons que jusqu'à peu, c'était Philippe Lefébure, journaliste maison, qui tenait cette chronique. Dominique Seux tenait la sienne un peu plus tôt dans la matinale. Pourquoi le journaliste maison n'y est plus ?
Pourquoi cette chronique quotidienne n'est-elle pas confiée à un journaliste de la station ?

C'est la solution retenue sur France Q où chaque matin Brice Couturier a droit à un tunnel de 5 minutes, et en plus intervient dans le débat. Comment dire...
Bonjour Daniel
Bien vu sur la manière dont est insinuée la doctrine libérale: puisqu'ils le répètent constamment à la radio (versus à la TV) c'est que ça doit être le chemin à prendre. Il n'y a plus qu'à l'accepter même si ça a des relents de XIXème siècle.
Daniel Schneidermann, vous avez écouté ce matin la même émission que moi et il me semble que ce passage du Rubicon vous a paru autant que moi un embarquement pour une traversée sur La Méduse (un navire bien équipé de radeau de sauvetage comme tout le monde sait, mais qui ne manque pas de couler à pic sans l'aide des yachts qui passent au loin comme l'a peint si justement Banksy et l'a rappelé Alain Korkos sur ce site d'@si).

En écoutant ce matin vanter le réalisme du gouvernement de monsieur Sarkozy version PS et son alignement sur la seule attitude qu'il nous reste, à savoir massacrer le droit du travail et la protection sociale pour arriver aux merveilles de nos amis d'Outre Manche et d'Outre Rhin, je n'ai pu m'empêcher d'avoir le cœur serré aux larmes qui ne manqueront pas de coincer la gorge de Gérard Filoche lorsqu'il va analyser sur son blog pour la Nième fois le parjure de ces ordures (excusez-moi la vulgarité mais je n'ai pas d'autres mots en tant que Troyen pour qualifier ceux qui se cachent dans le cheval de bois et vont nous massacrer).

Mais le plus beau des plus beaux, le sommet de tout cela, c'est l’utilisation promise du 49.3.
Merci Bernard ! Merci Patron !

 

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