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Records boursiers : krach peu probable pour Le Monde. Pourtant...

Par le - 13h28 - lu

La bourse américaine au plus haut... ou au plus mal? Dans un billet du 28 novembre, le correspondant du Monde à New York, Arnaud Leparmentier, s'enthousiasme pour la formidable hausse de la bourse américaine. En balayant avec légèreté les "cassandres" qui voient dans cette hausse une "bulle" dangereuse. Parmi ces "cassandres" : un économiste réputé, titulaire du prix de la Banque de Suède.

"Si beaucoup d'opérateurs avaient parié sur un effet Trump, aucun n'en avait prévu la force." Le correspondant du Monde à New York, Arnaud Leparmentier s'enthousiasme à grands cris, dans un billet du mardi 28 novembre pour la hausse des cours de la bourse américaine. Il constate en effet, "près de 28% de progression depuis le début de l'année pour le Nasdaq, l'indice riche en valeurs technologiques ; 19% pour les grosses valeurs du Dow Jones ; et même 16% pour les entreprises les plus représentatives de l'économie américaine, celles de l'indice S&P 500."

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Non seulement ces indices sont exceptionnellement élevés, mais en plus, l'arrivée de Donald Trump au pouvoir a déjoué toutes les prédictions des analystes : l'inflation n'a pas augmenté (un "mystère", pour la présidente de la Fed, Janet Yellen), les taux d'intérêt non plus. Et, surtout, comme le dit éloquemment le sous-titre du billet : "La Bourse n'en finit pas de battre des records. Selon la Fed de Philadelphie, les investissements des entreprises sont au plus haut depuis... trente ans." Une hausse "stratosphérique", commente Leparmentier, mais pas de raisons de s'inquiéter pour autant : la croissance est "robuste" et les "profits technologiques, notamment technologiques, sont élevés." De quoi se plaint-on?

Il faut attendre le septième paragraphe pour apprendre que des "Cassandres" décèlent "la formation d'une bulle". Une bulle? Le Financial Times, dit Leparmentier, calcule que le bénéfice des entreprises rapporté à leur cours est tombé à 3,4%. Et "un niveau aussi bas n'avait été atteint qu'en 1928 et lors de la folie internet des années 1990. Avec deux krachs majeurs à la clé." Autrement dit : les cours des actions des entreprises s'envolent, indépendamment de leurs bénéfices réels. Ce rapport est représenté par un indice créé par un économiste américain, Robert Shiller, qu'on appelle l'indice PER de Shiller. Et, si l'on en croit Capital, "à Wall Street, il vient de se hisser à 30, bien au-delà de la moyenne de longue période (16,8). En 100 ans, ce niveau n'a pas été atteint ou dépassé qu'à deux reprises : lors du pic précédent le krach d'octobre 1929 et lors de la bulle de la fin des années 90, quand le PER de Shiller a grimpé jusqu'à 44, record historique." Ce qui faisait dire à Shiller, chawsseur de bulles très écouté aux Etats-Unis, à la chaîne américaine CNBC, en septembre, que "le marché est aussi cher qu'en 1929." Que chacun en tire les conclusions...

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Mais cet indice n'effraie pas Leparmentier, qui ne cite même pas son nom. Car, écrit Leparmentier, d'autres paramètres "laissent espérer" : la réforme fiscale, avec la baisse de l'impôt des entreprises. L'amnistie déguisée des capitaux à l'étranger. Et le "sentiment" que les entreprises se remettraient bientôt à investir. Un espoir, et un sentiment : toutes choses qui conduisent "les plus optimistes (comme Leparmentier ?) à penser que la bourse de New York n'est pas au bord de l'abime." Même si, dit-il, une "correction" - comprendre : une légère chute des cours - "tranquilliserait les plus inquiets". Mais soyons rassurés : la bourse n'en finit pas de battre des records.


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