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La citation tronquée par France 2 que Mélenchon n'a pas digérée

Par le - 18h36 - vu

L’occasion était toute trouvée pour Jean-Luc Mélenchon. Invité hier soir sur France 2 dans L’Emission politique, en fin de programme, le leader de la France Insoumise n’a pas manqué d’interpeller la journaliste Nathalie Saint-Cricq, alors que celle-ci le titille sur les positions de la députée France insoumise Danièle Obono."Vous allez commencer par vous excuser d’avoir publié un reportage tronqué sur mon discours, ou pas?"

S’ensuit un échange tendu de quelques minutes. Le leader de la France Insoumise revient à la charge à plusieurs reprises face à Saint-Cricq et au présentateur de France 2, Jean-Baptiste Marteau : "C’est vous qui avez décidé de couper mon truc et de rajouter des applaudissements derrière?" Un échange expéditif vite interrompu par Léa Salamé d’un "C’était une erreur, ils se sont excusés". Les 2 millions de télespectateurs postés hier soir devant France 2 n’en sauront pas plus. À l’exception des militants du Discord insoumis et autres mélenchonistes qui protestent contre la manipulation médiatique depuis le 25 novembre.

Mélenchon, "démoralisé" ?

Ce jour-là, le JT de 20h de France 2 consacre un sujet à la convention des Insoumis à Clermont-Ferrand. L’angle du reportage ? Le coup de mou des Insoumis. La voix off déroule: "Six mois après la présidentielle le moral est en berne, un automne difficile marqué par l’échec des manifestations contre la réforme du marché du travail.À Clermont-Ferrand, Jean Luc-Mélenchon reconnaît que le moment est difficile". Et le JT de France 2 d’isoler quelques mots du discours du leader insoumis: "Nous venons de subir, un revers il paraît que si je le dis, je démoralise… Non, je le dis parce qu’on est démoralisé".

Mélenchon, "démoralisé" ? Le reportage de France 2 n’a pas manqué de faire tiquer certains militants insoumis qui pointent une citation tronquée au montage. La phrase prononcée lors du discours était en effet plus longue de quelques mots: "Nous venons de subir un revers. Il paraît que si je le dis, je démoralise. Non !Je le dis, parce qu'on est démoralisé dans certains secteurs de la société".

Là où France 2 laisse à penser que Mélenchon s’avouerait "déprimé", le leader de la France insoumise évoque en réalité le moral en berne de "certains secteurs de la société". Une façon de pointer comme il le fait ensuite "la division syndicale" et "la division entre le mouvement social, le mouvement associatif et le mouvement politique". Interpellée par un internaute sur la citation tronquée par France 2, l’équipe Désintox de Libé en convient: "les trois petits mots enlevés au montage dénaturent bien le propos de Jean-Luc Mélenchon".

Face au tollé suscité par cette coupe, la présentatrice Anne-Sophie Lapix s’est exprimée sur le sujet dans le JT de 20h du 27 novembre: "Nous avons commis une erreur dans notre journal de 20h de samedi en coupant au mauvais endroit une phrase de Jean-Luc Mélenchon ce qui en changeait le sens, on écoute la phrase dans son intégralité."

Mise à jour du 2 décembre à 10 heures :

Lors de l'Emission Politique, Jean-Luc Mélenchon a aussi accusé Nathalie Saint-Cricq, la cheffe du service politique de France Télévisions, et Jean-Baptiste Marteau, l'auteur du sujet, d'avoir ajouté des applaudissements à la fin de la citation tronquée. "Oui oui, vous me posez une question, s'est-il agacé, mais moi je vais vous en poser une aussi : C'est vous qui avez décidé de couper mon truc et de rajouter des applaudissements derrière ou c'était lui?" A quoi les deux journalistes ont immédiatement répondu, niant : "Il n'y a absolument pas eu d'applaudissements rajoutés, à aucun moment. Il y a eu une erreur. On veut bien reconnaître certaines choses."

Interrogé par un internaute, CheckNews, le module "désintox" de Libération s'est penché sur la question. Le journal constate que des applaudissements ont bien été rajoutés. Lors de la convention, il n'y a eu aucun applaudissement juste après les mots de "démoralisés" (là où a été coupée la vidéo initiale de France 2). Les applaudissements ne viennent qu'ensuite, à la fin de sa tirade, lorsqu'il affirme : "la division syndicale nous a nui d'une manière incroyable dans la bataille. Honte à ceux qui en sont responsables, pas à ceux qui en ont été les victimes." Soit "20 secondes plus tard", selon CheckNews, qui conclut : "Des applaudissements ont bien été rajoutés".

"Le droit à l'erreur", a commenté un internaute sur Twitter, "c'est une chose, mais la récidive, c'est rédhibitoire." A l'heure où nous écrivons, la rédaction de France 2 n'a pas réagi sur le sujet 



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