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Le trader "outé" par Denis Robert débouté par la justice

Par le - 18h22 - suivi

Denis Robert ne s'est pas rendu coupable d'atteinte à la vie privée en dévoilant l'identité d'un twitto, trader à Londres, qui avait violemment attaqué les opposants à la loi travail en 2016. C'est ce que vient d'établir la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Le journaliste est cependant débouté de ses demandes de réparation.

zebodag

Capture d'écran du compte Twitter @zebodag le 15 novembre 2017

L'audience, qui s'est tenue début octobre, opposait Denis Robert et le trader londonien Ali Bodaghi (nous vous résumions l'histoire ici). Lors des débats autour de la loi Travail en 2016 le journaliste avait révélé, avec sa consoeur Myriam Tonelotto, l'identité de deux twittos (puis d'un troisième) dans un texte publié sur Facebook. Il était d'ailleurs venu sur notre plateau pour expliquer sa démarche. Les deux hommes visés propageaient alors "des idées nauséabondes en terme d'ultra-libéralisme, anti-syndicalisme, et pour certains racisme et sexisme" sur le réseau social selon Robert. L'un d'entre eux, Ali Bodaghi, utilisait Twitter sous le pseudonyme "Zebodag". Robert avait rendu public son nom, sa profession de trader et "ancien de Lehman-Brothers", ainsi que le montant de ses impôts. S'estimant lésé, Bodaghi (qui a depuis fait passer son compte en privé) avait porté plainte pour atteinte à la vie privée, et demandé le retrait de la publication ainsi que 10 000 euros de dommages-intérêts.

Dans son jugement du 15 novembre, le tribunal "n'établit aucune violation du droit au respect dû à sa vie privée" dans la mesure où "l'identité de Monsieur Ali Bodaghi avait été révélée sur les réseaux sociaux dont Twitter, notamment du fait de l'intéressé lui même, avant la publication du passage litigieux sur Facebook." Le tribunal poursuit : "Son activité de trader, activité professionnelle ne relevant pas non plus de la sphère privée, n'est pas davantage entourée du moindre mystère", puisqu'elle est évoquée par un de ses interlocuteurs sur le réseau social, dans un article de presse, ainsi que sur ses profils LinkedIn et Twitter. Quant au montant de ses impôts et de ses revenus, Bodaghi s'est lui-même "répandu" publiquement sur ces sujets, note la chambre. "M. Denis Robert s'est ainsi contenté de relayer des informations disponibles sur internet, [...] sans rien révéler de la vie privée de M. Ali Bodaghi qui ne l'ait été auparavant", conclut le tribunal.

Robert, qui avait répliqué en demandant une condamnation de Bodaghi pour procédure abusive, ainsi que 10 000 euros "en réparation de son préjudice moral et d'atteinte à sa réputation", a également été débouté. Le tribunal a en effet estimé d'une part que les faits reprochés (des insultes) ne peuvent être qualifiés d'"atteinte à la réputation", et d'autre part, que les poursuites menées par Bodaghi ne relèvent pas d'une intention de nuire.


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