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Besançon : l'élue LREM, le journaliste "en retraite", et le dé à coudre

Par le - 17h58 - vous n'êtes pas obligés

C'est une remarque qui a du mal à passer. La responsable En Marche du département du Doubs, Alexandra Cordier s'est fendue dimanche 1er octobre d'un tweet surprenant : "Se demande quand L'Est Républicain mettra en retraite Jean-Pierre Tenoux. Vérifier ses sources est le b.a.-ba de la profession, non ?" - sans préciser à quelles "sources" elle fait référence.

Cordier Est Répu

A quoi réagit-elle? A un billet politique du journaliste de L'Est Républicain Jean-Pierre Tenoux, paru dans l'édition régionale du quotidien ce même dimanche. Il y revient sur le "mélange des genres" pratiqué par Cordier. Car cette dernière, en plus d'être référente du parti LREM dans le Doubs, est aussi, selon son compte Twitter, "conseillère grands projets urbains" à la mairie de Besançon (dont le maire, Jean-Louis Fousseret, ancien PS, s'est rallié à Macron mais conserve des adjoints PS, Front de Gauche et EELV) et attachée de presse de cette même mairie. Une multiplicité de fonctions qui, selon Tenoux, ont tendance à se confondre. Le journaliste cite dans son billet le compte Twitter @BesanconPresse. "Alimenté par Mme Cordier, [...] [le compte Twitter] a déjà bataillé avec un adjoint PS, ferraillé avec l'assistant du groupe PS, relayé la parole gouvernementale, bloqué un blogueur qui s'en étonnait", écrit Tenoux. "Entre militant d'un parti minoritaire dans une collectivité et porte-parole officiel de celle-ci, il serait sain de choisir", conclut Tenoux. Une injonction qui n'a donc visiblement pas plu à l'intéressée.

"conception inquiétante de la liberté de la presse"

Contacté par France 3 Franche-Comté, le rédacteur en chef adjoint de l'Est Républicain, et directeur régional de Franche-Comté, a jugé le propos de Cordier "inélégant et surprenant de la part d'une attachée de presse dont la fonction est de mettre du liant." Et de dénoncer "une conception inquiétante de la liberté de la presse de la part d'une porte-parole de parti".

Mais y a-t-il vraiment un tel mélange des genres sur le compte Twitter pointé par Tenoux ? Il apparaît que Tenoux fait référence dans son billet à une conversation en particulier, entre les comptes @BesanconPresse, celui personnel d'Alexandra Cordier, celui de l'adjoint PS à la mairie Jean-Sébastien Leuba et celui d'un secrétaire du PS dans le Doubs Nicolas Béliard autour d'une citation d'Edouard Philippe relayée par le compte du service presse.

L'échange, assez haché et peu clair, il faut bien le dire, n'a rien de proprement scandaleux, mais il illustre pour Tenoux la confusion entre les différents rôles de Cordier. Contacté par @si, le journaliste explique avoir été "interpellé" par ces quelques tweets qu'il a repérés sur le compte du service presse. Quant à la réaction de Cordier, Tenoux dédramatise : "Je suis conscient que ça pose une question de principe, de demander à un quotidien de mettre en retraite son journaliste, mais je n'ai pas envie de me commenter moi-même". Il conclut à une "tempête dans un dé à coudre". On est tenté d'approuver.


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