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Mélenchon / classe affaires : "vous comprenez pourquoi on vous déteste ?"

Par le - 19h12 - buzz

Le vol de Jean-Luc Mélenchon en classe affaires lors d'un déplacement à la Réunion fait jaser les médias français. C'est l'animateur Pascal Praud qui a été le premier à s'interroger sur les goûts luxueux du leader de la France Insoumise le 19 septembre. Tout juste rentrée d'un voyage de trois jours sur l'île en compagnie de Mélenchon, la députée Danièle Obono (invitée d'@si en juillet) a dû justifier les préférences de ce dernier pour les voyages en Business class, alors que le thème initiale de l'émission L'heure des pros (CNews) était "Le pouvoir est-il dans la rue ?

"Je ne m’intéresse qu'aux détails et aux questions bêtes", reconnait Praud. "Vous, vous avez voyagé en [classe] éco mais Jean-Luc Mélenchon a voyagé en business et vous êtes députés France Insoumise tous les deux. Il y a une hiérarchie dans la France Insoumise ?" "C'est quand même un voyage d'au moins dix heures" explique d'abord la députée, embarrassée, avant de demander quel est "l'enjeu financier derrière cette question". Puis, très vite, Obono s'offusque de ne pas avoir l'opportunité d'évoquer les motifs de son déplacement : "Ça ne vous intéresse pas de savoir plutôt ce que l'on a fait à La Réunion ?"


"On va en parler" promet Praud avant d'insister une nouvelle fois sur le "businessgate". Après la coupure pub, le débat est recentré sur les manifestations. Exit la Réunion.

"Vous comprenez pourquoi on vous déteste ?"

Interrogé sur ce même sujet par Elizabeth Martichoux (RTL) le jeudi 21 septembre, tout comme Obono, Mélenchon reproche aux médias de ne pas s’intéresser aux motifs de son déplacement. Il explique : "J'apprécierais que les mêmes qui s’intéressent à mes places d'avion se soient intéressés à savoir ce que j'ai foutu à la Réunion et quelle est la situation. Les mêmes n'en n'ont pas dit un seul mot. Vous comprenez après ça, madame, pourquoi on vous déteste ?". Le leader de la France Insoumise assure aussi avoir payé lui-même son billet. "Chacun d'entre nous a payé sa place d'avion donc moi, j'ai évalué, compte tenu des expériences lombaires malheureuses que j'ai faites en classe économique, que je ne pouvais pas m'offrir le luxe de me faire démolir physiquement trois jours avant une manifestation " explique-t-il.

Ces questions sur son choix de la classe affaires ne sont pas nouvelles. Tout est parti d'une déclaration de Mélenchon, en juin 2013 lors de son passage au Salon de l'aéronautique du Bourget, immortalisé dans un reportage diffusé dans le 13h15 de France 2. Il avouait déjà que, "quand je voyage, je vais en classe affaires. J'ai passé l'âge d'aller me faire briser le dos à la classe économique. Parce qu'ils vous mettent comme des sardines là-dedans". Depuis, certains médias en ont fait des gorges chaudes, comme l'écrivait la journaliste Marion Lagardère dans son livre Il est comment Mélenchon, en vrai ? Jusqu'à dire des âneries puisque, pendant les présidentielles de 2017, le site Atlantico a assuré que non seulement Mélenchon voyageait en classe affaires, mais qu'en plus il disposait d'un jet privé. Une info bidon puisé dans un article... du Gorafi comme nous le racontions ici.

Trêve de voyage de luxe, que diable Mélenchon a-t-il "foutu" à la Réunion ? A partir des compte-rendus disponibles de la visite, difficile de la trouver vraiment captivante. Il a notamment visité l’École Maritime et un marché local avant de partir à la rencontre des syndicats. Lors d'un meeting organisé dans un restaurant, le député a appelé à "la résistance positive et pacifique". Selon la presse locale, il a ensuite invité les 500 présents à s'organiser pour que "cette colère puisse atteindre les plus hauts sommets de l’État et du gouvernement". Pour découvrir le but de ces trois jours à la Réunion, il fallait tendre l'oreille sur BFMTV le 15 septembre. Le leader de la France Insoumise, arrivé en tête sur l'île lors des présidentielles, a ainsi expliqué qu'à la Réunion, "il y a une situation sociale qui est incandescente. C'est le territoire français d'outre-mer le plus peuplé et Il fallait trouver l'occasion de donner un signal. Souvent, en situation insulaire, on a l'impression d'être oublié et de pouvoir rien contre son sort. Je voudrais dire aux Réunionnais, au nom de tout notre groupe, qu'ils gardent espoir et que le pays est capable d'avoir besoin de tous ses enfants".

(Par Valentin Le Roux)


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