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Migrants : 4 mois de prison avec sursis pour Cédric Herrou

Par le - 14h28 - suivi

"L'homme qui n'a plus de vie", la passe au tribunal. L'agriculteur de la vallée de la Roya Cédric Herrou a été condamné mardi 8 août par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants à entrer en France depuis l'Italie. Il a annoncé qu'il se pourvoirait en cassation.

En première instance, il a été condamné à 3000 euros d'amende avec sursis par le tribunal de Nice. Mardi 8 août, la cour d'appel d'Aix-en-provence a été moins clémente : quatre mois de prison avec sursis, pour l'"homme qui n'a plus de vie", Cédric Herrou, l'agriculteur de la vallée de la Roya. Celui-ci était accusé d'avoir pris en charge des migrants sur le sol italien, principalement erythréens et soudanais, déterminés à traverser la frontière vers la France.

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Il lui était aussi reproché d'avoir installé sans autorisation, aux côtés de l'association Roya citoyenne, une cinquantaine de migrants, dont vingt-neuf mineurs, dans un centre de vacances désaffecté depuis plus de dix ans appartenant à la SNCF. Sur le camp, ces migrants avaient pu être momentanément nourris et soignés dans des conditions décentes. Alors que le tribunal de Nice l'avait relaxé de ces derniers faits, la cour d'appel d'Aix-en-provence l'a condamné à verser, en sus de sa peine de prison avec sursis, 1000 euros de dommages et intérêts à la SNCF, pour délit d'occupation illicite. "C'est une peine d'avertissement", a commenté le président de la cour d'appel, selon des propos rapportés par Le Monde.

En effet, le magistrat n'a, cette fois-ci, pas accordé d'exemptions humanitaires à l'agriculteur. "Lorsque l'aide s'inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n'entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie" à l'aide humanitaire apportée par Cédric Herrou, a ainsi jugé le président, toujours selon Le Monde.

Commentant le jugement, Cédric Herrou a réaffirmé la nécessité de son action en termes humanitaires. "J'invite le parquet à venir dans la vallée de la Roya entendre les familles des quinze personnes mortes en tentant de franchir la frontière. J'attends avec impatience les trente prochaines décennies et on verra qui se retrouvera devant les tribunaux. Je continuerai à me battre. Ils n'ont qu'à me mettre directement en prison, ce sera plus simple." Sur le plateau d'@si, Cédric Herrou s'était déjà exprimé sur les raisons de son action : "Je ne me considère pas vraiment comme un désobéissant. J'aide les gens à accéder à leurs droits. Donc si on est obligés de contourner une partie de la loi pour une loi plus importante qui sert à l'intégrité de femmes et d'hommes, je pense que ce n'est pas de la désobéissance."

"Quand je n'étais pas médiatisé, l'affaire était classée sans-suite"

Selon lui, la sévérité du jugement de la cour d'appel serait directement liée à la médiatisation de son combat. "Quand je n'étais pas médiatisé, l'affaire était classée sans-suite, on brandissait l'immunité humanitaire alors même que j'avais été attrapé en train de faire passer des gens à la frontière. (...) Maintenant, il n'y a aucune flagrance de passage à la frontière, rien, je revendique seulement le fait d'accueillir des gens qui ont passé la frontière par leurs propres moyens. La réponse c'est quatre mois avec sursis", a-t-il confié à l'Obs. Il a d'ores et déjà annoncé, ce matin, qu'il se pourvoira en cassation pour contester le jugement de la cour d'appel.

Déjà convoqué devant la justice à l'été 2016 pour avoir transporté des Érythréennes - une affaire classée sans suite -, Cédric Herrou a été interpellé le 24 juillet à la gare de Cannes en compagnie de plus d'une centaine de migrants, qu'il accompagnait, selon ses dires, déposer leur demande d'asile. Mis en garde à vue pour la sixième fois, le parquet a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour des faits d'aide au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière.

L'occasion de revoir notre émission avec Cédric Herrou : "Migrants/Evasion fiscale : « on utilise les médias comme porte-voix»" ; ou de relire son portrait : "Une visite à Cédric Herrou, l'homme qui n'a plus de vie"


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