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Agressions sexuelles à la télé : l'importance de Twitter (Blog/Libé)

Par le - 17h09 - lu

Deux agressions sexuelles, deux époques. Dans un billet de blogpublié sur Libe.fr, Vincent Glad compare deux séquences de télévision : Cécile de Ménibus et Rocco Siffredi sur le plateau de Cauetivi sur TF6 en 2006, et Maly Thomas et Maxime Hamou sur Eurosport en 2017. Et s'étonnent de la différence de réception.

nouveau media

Indifférence d'un côté, colère de l'autre. En 2006, dans l’émission de Cauet sur TF6, Rocco Siffredi agressait sexuellement la présentatrice Cécile de Ménibus dans une ambiance hilare, où l’acteur porno était régulièrement encouragé à aller plus loin. 11 ans plus tard, le 27 mai 2017, dans les allées de Roland-Garros, en direct sur Eurosport, le joueur de tennis français Maxime Hamou saisit la journaliste Maly Thomas par le cou et l’embrasse de force à plusieurs reprises, pendant que le présentateur Henri Leconte rit (nous avons depuis demandé à nos collégiens ce qu'ils en pensaient).


Cauet_01_cecile de menibus Rocco par Spitefire

Comme le note Glad, aucun média n’avait, en 2006, condamné l’agression de Cécile de Ménibus. Le CSA n’avait reçu aucune plainte, et la scène de cette agression était sur le DVD Cauet Interdit de TV, sorti en 2007. Onze ans plus tard, la vidéo du tennisman français a été partagée des milliers de fois sur Twitter, donné lieu à plusieurs articles de presse et poussé le présentateur Henri Leconte à s’excuser, et Roland Garros à retirer son accréditation au tennisman.

Que s'est-il passé entre temps ? Il y a d’abord le rôle essentiel joué par Twitter, selon le blogueur de Libé. "En 2006, il n’y avait pas de discussion publique autour des programmes de télévision. Quelques forumeurs pouvaient discuter en direct d’une émission mais la discussion restait confidentielle. Aujourd’hui, une polémique autour d’une émission se cristallise très vite sur Twitter. Pour qu’il y ait polémique en 2006, il fallait qu’un journal ou qu’une autre émission de télévision s’empare de la séquence. En 2017, il suffit de plusieurs internautes indignés et d’un compte Twitter qui met la vidéo en ligne et la presse web embraye directement. En une heure, il y a déjà des articles sur le Huffington Post, Télé-Loisirs.fr ou Buzzfeed". Même chose pour le CSA qui ne "rate plus rien" grâce à Twitter (mais dont le rôle reste toujours aussi flou).

Pour Glad, dans ce nouveau dispositif où la télé n’est plus réservée seulement à ceux qui la regardent, mais aussi à ceux qui la découvrent par petits bouts sur le net, Hanouna joue le rôle de "bouffon utile". "Ce sont grâce à ces conneries d’ado inculte que la société, lentement mais sûrement, évolue. Et qu’aujourd’hui un Rocco Siffredi en rut n’est plus imaginable sur un plateau télé".

L'occasion de revoir notre émission sur Hanouna : "Un système à produire des séquences homophobes" et d'écouter nos collégiens parler de l'agression sexuelle de Roland Garros : "Les journalistes étaient morts de rire".


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