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Vite-Dit

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Claude Perdriel, son voilier au Luxembourg et ses jets à Malte (Mediapart)

Par le - 19h12 - lu

On connaissait Claude Perdriel en homme de presse, fondateur du Matin de Paris, et cofondateur de L’Obs. Perdriel, en inventeur du sanibroyeur et en capitaine d’industrie qui revendique son patriotisme économique. Mais qui savait jusqu’ici que ce patron social est aussi l’heureux propriétaire d’un voilier luxembourgeois et de jets maltais ? C’est ce qu’a découvert Médiapart en épluchant, conjointement avec 12 autres médias européens, les Malta Files. Ces quelque 150 000 documents confidentiels révélant les coulisses du paradis fiscal méconnu qu’est l’île de Malte. "Les Malta Files montrent que ce patron de gauche [Perdiel] , fondateur du groupe SFA et de L’Obs, a logé son voilier au Luxembourg et la compagnie aérienne qui exploite ses jets privés à Malte", écrit Médiapart dans une enquête parue ce jeudi.


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Au détour des Malta Files, le site s’est penché sur le "Vaimiti", ce voilier de 39 mètres que Perdriel s’est fait construire en 2003 sur un chantier naval français. Un navire qui, explique Mediapart, bat pavillon luxembourgeois et est détenu par une société domiciliée, elle aussi, au Grand Duché. Pourtant le Luxembourg ne dispose pas d’accès à la mer, alors pourquoi ce choix ? Interrogé par Mediapart, Perdriel se défend de toute motivation fiscale et assure d’ailleurs avoir été assujetti à un taux d’imposition similaire à celui de la France. Le Luxembourg, quel intérêt pour lui ? "Le régime d’exploitation est plus simple", plaide Perdiel, qui reconnaît au passage salarier l’équipage de son voilier sous contrats luxembourgeois. La raison ? 'Les marins préfèrent car ils touchent un salaire net supérieur, tout en continuant à bénéficier de la Sécurité sociale française".

"Je ne suis pas allé à Malte pour des raisons fiscales"

Mais Perdriel n’est pas seulement un mordu de voile, c’est aussi un fana d’aviation. Mediapart explique que l’industriel a détenu lui-même jusqu’à quatre jets privés. Une passion qui l’a conduit à fonder en 2010 une première mini-compagnie aérienne, spécialisée dans le transport sanitaire : Air Albatros, rebaptisée par la suite Skyfirst, basée sur l’aéroport d’affaires du Bourget, et qui "exploite un seul de ses jets, un Falcon 50, réaménagé en appareil médical pour le rapatriement des blessés".


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Capture et légende Mediapart

Mais surtout, en parallèle, Perdriel a créé à Malte en 2011 une seconde petite compagnie aérienne, Skyfree Limited, pour exploiter un autre appareil, un Bombardier Learjet 45 cette fois. Pourquoi à Malte? "Je ne suis pas allé à Malte pour des raisons fiscales, mais parce que la bureaucratie française en matière d’aviation civile est tatillonne", raconte Perdriel à Mediapart. On aurait pu le louer à Air Albatros, mais la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) était réservée sur la délivrance du permis de navigabilité pour cet appareil, alors que Malte l’a pris tout de suite. C’est pour cela qu’on est allé là-bas." Interrogé par le pureplayer, le pilote Nicolas Baud, qui a été le premier directeur des opérations de Skyfree, abonde dans le sens de Perdriel.

Ce n’est visiblement pas l’avis de trois autres anciens pilotes. "Ces pilotes, qui ont refusé de nous parler, ont contesté leur licenciement devant les prud’hommes" explique Mediapart. Qui poursuit : "Ils estiment que Claude Perdriel a artificiellement délocalisé les actifs de Skyfirst dans la compagnie maltaise Skyfree, au sein de laquelle ils auraient dû être reclassés." L’affaire, précise le site, a été jugée, mais le verdict n’est pas encore rendu. Perdriel assure à Mediapart qu’il n’a pas bénéficié du faible taux d'imposition sur les sociétés maltaises, qui peut tomber à seulement 5%. Il rétorque : "Alors que mon groupe SFA réalise la très grande majorité de ses ventes à l’étranger, je rapatrie 84% des bénéfices en France, où ils sont taxés. Je pourrais très facilement et en toute légalité localiser une plus grande part de mes profits à l’étranger, mais j’ai choisi de ne pas le faire et j’en suis fier."


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