Notre ressource unique : VOS ABONNEMENTS

Vite-Dit

Les "vite dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Fuite / Gare du Nord : enquête ouverte contre J.-P. Ney

Par le - 12h50 - suivi

Gare bouclée. Lundi soir, la gare du Nord, à Paris a été le théâtre d'une importante opération policière : des dizaines de policiers en armes ont bouclé la gare et fouillé un train entier venant de Valenciennes, à la recherche de trois fichés S. Sans rien trouver. L'origine de cette opération fiasco ? Un nouveau tweet de "l'expert" Jean-Paul Ney, qui divulgait les fiches internes de la police. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit".

C'est une "armée" d'hommes de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) qui a investi la Gare du Nord, lundi 8 mai vers 23 heures, tout en gilets pare-balles et en armes, pour fouiller l'ensemble d'un train venant de Valenciennes. Ils étaient à la recherche, semble-t-il, de trois individus, fichés S, présumés radicalisés, susceptibles de vouloir commettre un attentat imminent sur le territoire français. L'opération a fait chou blanc.

nouveau media

L'origine de ce fiasco ? Le signalement d'une employée de la SNCF de Valenciennes, affirmant avoir reconnu les trois individus à partir de leurs fiches, divulguées sur les réseaux sociaux par... Jean-Paul Ney. Le sulfureux, auto-proclamé spécialiste du djihadisme a en effet publié sur Twitter, raconte Frédéric Helbert, grand reporter et spécialiste du renseignement sur son blog, "à l'état quasi brut", des fiches confidentielles de la police, évoquant trois individus radicalisés qui pourraient entrer en France en vue de commettre un attentat. Avec un titre au minimum inquiétant : "Terrorisme : alerte nationale. Attentat imminent selon les services de police et de contre-terrorisme. 3 hommes recherchés."

nouveau media

Or, fait remarquer Helbert, ces fiches mentionnent une "menace d'attentat", et non une menace imminente. Et indiquent qu'ils "pourraient" rejoindre la France, sans être affirmatives. Pas un détail pour les services, qui ne badinent pas avec la nuance. "Une diffusion d'individu signalée n'est jamais prise à la légère, mais c'est un point de départ d'enquête à partir de renseignements plus ou moins fiables. Parfois, c'est même un coup d'épée dans l'eau."

L'employée de Valenciennes est ainsi tombée sur ces fiches en "se "baladant" sur les réseaux sociaux. "Et là, ça fait tilt ! La guichetière de Valenciennes est persuadée d'avoir vendu des billets aux 3 jihadistes dont les fiches de signalement internes en théorie réservées aux services de police, disent qu'ils sont possiblement en route vers la France avec la possible intention d'y commettre un attentat. La femme avertit donc aussitôt", raconte encore Helbert.

violation du secret professionnel et recel de ce délit

Trois heures et des dizaines de policiers mobilisés plus tard, les policiers n'ont rien trouvé. Et ne dissimulent pas au reporter leur agacement. "Si on fait ce choix là [ndlr : d'une diffusion urgente en interne des fiches, plutôt qu'un avis de recherche public] c'est pour chasser en douce, vérifier la véracité du tuyau, et éviter de courir partout parce que des irresponsables diffusent des fiches confidentielles sur des individus qui pourraient représenter une vraie menace" témoigne un policier spécialisé auprès de Helbert. Les diffusions internes, explique un autre, servent la "cuisine interne" de la chaine sécuritaire française, contrairement aux avis de recherches publics.

Le Parquet de Paris a, selon les informations de Helbert, ouvert une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit". La violation visant les responsables de la fuite des fiches de signalement des 3 djihadistes, et le recel, Jean-Paul Ney, qui les a diffusées. D'autant qu'à présent, les trois individus recherchés savent qu'ils le sont.

Ney, quant à lui, s'est affirmé prêt à répondre aux convocations de la justice.

nouveau media

 

L'occasion de relire la chronique de Klaire fait Grrr : "Dans l'internet de Jean-Paul Ney"


Abonnez-vous !
|