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"Cabinet noir" de Hollande : Mediapart épingle le livre "Place Beauvau"

Par le - 16h46 - suivi

Le livre Bienvenue place Beauvau, "approximatif" ? Dans un article du 4 avril, Mediapart revient sur l'ouvrage co-écrit par deux journalistes du Canard Enchaîné et une journaliste indépendante, que François Fillon avait cité comme preuve de l'existence d'un "cabinet noir" de François Hollande. Et dénonce des "faiblesses" dans l'enquête des journalistes.

Après le Canard Enchaîné, au tour de Mediapart de pointer les "faiblesses" de Bienvenue place Beauvau. Ce livre co-écrit par des journalistes du Canard Enchaîné et l'ancienne directrice adjointe du Point, aujourd'hui journaliste indépendante, avait été cité par François Fillon dans L'Emission politique de France 2. D'après le candidat, le livre révélait l'existence d'un "cabinet noir" piloté en sous-main par François Hollande. Et c'est ce supposé "cabinet noir" qui serait à l'origine des multiples révélations concernant Fillon, notamment celles sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon.


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Mediapart, 4 avril 2017

Comme nous vous le racontions, l'un des auteurs du livre, le journaliste du Canard Didier Hassoux, avait aussitôt démenti les affirmations de Fillon, dénonçant une "instrumentalisation". A propos de l'existence d'un supposé "cabinet noir", les co-auteurs écrivent qu' "il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle. Comme il n'est pas possible de prouver le contraire". Mais dans la foulée du démenti de Hassoux, plusieurs journaux avaient toutefois pointé le manque de précision des auteurs dans leur ouvrage, notamment le Canard Enchaîné lui-même, qui avait tenu à se distancer de l'ouvrage rédigé par deux de ses journalistes. Suivis, donc, par Mediapart.

Certes, concède le site d'info ce mardi 4 avril, "Fillon et ses proches ont fait une lecture très partiale de l'ouvrage, qui décrit un système d'instrumentalisation de la police et de la justice instauré sous la droite et que le PS aurait perpétué". Mais Mediapart pointe les "faiblesses" de l'ouvrage. "Ils [les auteurs, ndlr] sous-entendent, souvent dans la bouche de sources anonymes et donc de façon invérifiable, que François Hollande tirerait toutes les ficelles de l’appareil policier et judiciaire depuis l’Élysée, avec des ouvertures d’enquête et mises en examen calculées au jour près pour gêner la carrière de ses adversaires", critique le pure player.

Que reproche Mediapart à l'ouvrage ? Au cœur de ce supposé système de "cabinet noir", on trouverait Tracfin. Le service de renseignement de Bercy, piloté "durant tout le quinquennat" par Michel Sapin, "ami de quarante ans du président", précisent les auteurs de l'ouvrage. Or, rappelle la journaliste de Mediapart Louise Fessard, "Michel Sapin n'est ministre des finances que depuis avril 2014". Autre problème, et de taille : les auteurs affirment donc que tout part des bureaux de Tracfin, situés dans un "immeuble ultra-sécuritsé du 9ème arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense". Sauf que, rappelle Mediapart, citant L'Obs, "Tracfin a quitté Paris en 2008. Il suffit de consulter l'annuaire des services publics pour avoir sa nouvelle adresse à Montreuil".

De plus, "il est tout aussi faux d'affirmer que Tracfin et à l'origine de la «plupart» des enquêtes judiciaires mettant en cause Nicolas Sarkozy et ses proches. Aucune, à notre connaissance n'a pour point de départ un contrôle de Tracfin". Et la journaliste de livrer des exemples : l'affaire Karachi, qui a débuté par une enquête de la section antiterroriste ; l'affaire Bettencourt, née des révélations du Point et de Mediapart ; ou encore les révélations du Point et de Libération aux origines de l'affaire Bygmalion.

Des Cas "plus convaincants"

Mediapart évoque aussi des dates, lieux ou noms "approximatifs" cités par les co-auteurs de l'ouvrage. Par exemple lorsqu'ils évoquent un rassemblement en hommage à deux policiers tués à Magnanville en juin dernier. Le rassemblement aurait été organisé le 20 juin 2016 par le FN et selon les auteurs, un policier avait fait un discours qui "flingue à la fois François Hollande et Nicolas Sarkozy", sous le regard jubilatoire de Marine Le Pen. "Le problème, explique Mediapart, est que ce rassemblement au Trocadéro a eu lieu le 17 juin et non le 20, à l'appel du SIEL (un groupuscule d'extrême droite) et non du FN, même s'il a été relayé sur les réseaux sociaux frontistes. Et Marine Le Pen était ce jour-là en Autriche."

Malgré tout, l'ouvrage n'est pas qu'imprécisions. Dans certains cas, les auteurs se montrent "plus convaincants", relève la journaliste. Notamment concernant "l'échec des services anti-stupéfiants, «devenus les plus gros trafiquants de France», la guerre entre police et gendarmerie dans le renseignement ou encore la proximité entre le général Favier, ex-patron de la gendarmerie et Manuel Valls et leurs rendez-vous hebdomadaires secrets après son départ de Beauvau". Dans ces cas, explique la journaliste, les auteurs reproduisent des citations non pas en off, mais attribuées à des auteurs nommément désignés.


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