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Mises en demeure / Canal+ : le CSA soutient (en partie) les salariés d'iTELE

Par le - 11h44 - suivi

Le CSA fait les gros yeux : le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adressé le 3 novembre deux mises en demeure à l’encontre du groupe Canal+, propriétaire de la chaîne d’info continue iTELE. Cette décision fait suite à l’appel des salariés de la chaîne, en grève depuis vingt jours maintenant, qui, la semaine passée, ont interpellé le CSA pour faire pression sur la direction. Avec ces deux mises en demeure, l’autorité répond – en partie – à l’inquiétude des salariés.

Dans le conflit ouvert entre les salariés d’iTELE et la direction de la chaîne, le CSA vient de rentrer en scène. Et il n’est pas content. Après avoir fait part de ses vives inquiétudes, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a finalement adressé le 3 novembre deux mises en demeure à l’encontre du groupe Canal+, propriétaire d’iTELE dont les salariés sont en grève depuis vingt jours. Comme nous le racontions ici, la société des journalistes (SDJ) et les syndicats d'iTELE avaient en effet alerté le conseil supérieur de l'audiovisuel sur différents manquements de la chaîne en s’appuyant notamment sur la convention qui la lie avec le CSA.

Que dit cette convention ? Que "la programmation est consacrée à l’information". Or, pour les salariés d’iTELE, l’émission de Jean-Marc Morandini, mis en examen pour corruption aggravée de mineurs et dont le maintien sur la chaîne est à l’origine de la grève, relève davantage du divertissement que de l’information. Il faut dire que l’animateur a fait très fort : comme @si le racontait, il a interrogé dès sa première émission le 17 octobre une fausse experte en politique américaine et, le lendemain, une fausse correspondante.

D’où la première mise en demeure du CSA pour "manquements aux exigences d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information, dans l’émission Morandini Live". Réponse de la direction d’iTELE citée par Le Monde: "lorsque l’émission “Morandini live” reprendra, elle sera bien sûr soumise aux mêmes exigences de qualité et de rigueur que l’ensemble des programmes de la chaîne". Quant à la seconde mise en demeure du CSA, elle "porte sur l’absence de fonctionnement effectif depuis septembre 2015 du comité d’éthique prévu dans la convention de la chaîne, chargé de contribuer au respect du principe de pluralisme". Sur ce point, la direction fait savoir qu’elle réunira ce comité dans les meilleurs délais. Quand exactement ? Mystère.

CSA iTELE Le Figaro

Reste une demande des salariés qui n’est pas tranchée par le CSA : la nomination d’un directeur de la rédaction distinct du directeur général d’iTELE. Ces deux fonctions sont aujourd’hui cumulées par Serge Nedjar, ancien directeur de Direct Matin. Dans leur appel au CSA, les salariés faisaient valoir que cette double casquette était en contradiction avec la convention. En effet, dans cette dernière, il est stipulé que "la rédaction n'a aucun lien hiérarchique avec le groupe Canal+". Pourtant, à en croire Le Monde, le CSA a considéré que l’interdiction de ce cumul n’était pas spécifiquement mentionnée dans l’article consacré à l’indépendance éditoriale de la convention.

Cela dit, toujours selon Le Monde, en infligeant deux mises en demeure hier au groupe Canal+, le CSA tape fort : "le fait de recourir à une mise en demeure directe, sans mise en garde préalable, est un signe de gravité. Le CSA utilise ainsi le plus haut niveau possible dans la gradation de ses interventions". Le groupe s’expose maintenant à des sanctions qui peuvent aller "de l'amende à la suspension pure et simple de l'autorisation d'émettre", explique Le Figaro.


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