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Rue89 : un virage numérique pour la pub ?

Par le - 19h39 - suivi

"Rue89, l’onglet désincarné" : c’est par ce titre très Libé que le quotidien revient sur le sort du pure-player décrit comme l’un des pionniers du journalisme en ligne qui aujourd’hui "perd son identité originelle et plus de la moitié de ses effectifs". Rue89 – créé en 2007, vendu à L'Obs en 2011 pour 7 millions d'euros puis au Monde en 2014 – se recentre sur l'actualité du numérique. En clair, traduit Libé qui parle de "petite mort" : "Rue89 parlera du nouvel iPhone et des évolutions de la cybersécurité".

Rue89 Libération

Une mort déjà annoncée à Noël par Les Inrocks dans un article à la vie agitée comme nous le racontions ici. Le magazine assurait à l’époque que Rue89 allait devenir un "vertical" (et non un onglet comme c’est le cas aujourd’hui) comme la rubrique littérature. Les Inrocks révélaient également que "les rédacteurs ne seraient plus que 6 contre 10 aujourd’hui, pour 2 éditeurs au lieu de 3, et un ou deux chefs contre quatre". Qu’en est-il aujourd’hui ? D’après Libé, qui s’appuie sur l’accord signé le 19 février entre la direction et les représentants du personnel de Rue89, "les salariés, vingt-cinq aujourd’hui, vont se retrouver à onze : huit journalistes, dont deux sont les actuels rubricards high-tech de l’Obs, deux éditeurs et un rédacteur en chef. Les autres doivent être reclassés au Monde ou à L’Obs."

Ce reclassement a déjà été évoqué mercredi dernier par Le Canard enchaîné qui y voit plutôt un "alléchant reclassement façon Uber dans le groupe". L’hebdo cite des extraits de l’accord et explique qu’un "rédacteur pourra désormais aller exercer ses talents au Monde en gardant son salaire Rue89 (1 682 euros mensuels) soit bien deux fois moins que ses nouveaux collègues. Cette «mise à disposition durera deux ans» au bout desquels «le salarié se verra à nouveau proposer des postes disponibles en mobilité interne»". Ou pas. Car Libération précise que ces salariés détachés seront "définitivement transférés «sous réserve que le salarié et la société d’accueil en soient d’accord»". Et de citer une journaliste désabusée : "ça ressemble à une période d’essai de deux ans, on a l’impression d’être des travailleurs polonais détachés". Quant aux salariés restants, ils vont devoir patienter deux ans "pour bénéficier d’un alignement progressif de leur congé (mais pas forcément de leur salaire !) sur ceux de leur confrère de L’Obs" précise Le Canard. De même, les salariés n’ont pas obtenu l’accès au comité d’entreprise.

Interrogé par Libé, le patron du Monde Louis Dreyfus assure que "la différence de rémunération entre les employés de Rue89 et ceux du site de L’Obs n’est que de 100 euros brut". Mais il met surtout en avant la perte de vitesse de Rue89 et juge "qu’au fil du temps, leur identité a perdu son évidence. Les audiences plafonnaient et les annonceurs ne comprenaient plus vraiment leur positionnement". D’où le choix de recentrer Rue89 sur l’actualité du numérique. En gros, traduit Libé, "une offre centrée sur la technologie permettra à coup sûr de se faire mieux comprendre des Apple, Samsung et Orange". Pourtant, Dreyfus assure que "le virage éditorial n’est aucunement dicté par une volonté publicitaire".


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