Youtube : 100 000 euros pour garder les (gros) Youtubeurs
Brève

Youtube : 100 000 euros pour garder les (gros) Youtubeurs

Youtube a peur de la concurrence.

Pour s’assurer que les Youtubeurs les plus en vue restent sur sa plateforme vidéo, la filiale de Google aurait "récemment approché les 20 principaux Youtubeurs français pour leur proposer […] un revenu minimal de 100 000 euros par an" selon BFMTV, qui indique qu'une offre similaire avait été faite il y a un an aux Youtubeurs américains. En contrepartie, ces Youtubeurs devront "mettre leurs vidéos en avant-première sur YouTube durant quelques jours ou semaines".

De qui Youtube a-t-il peur ? En 2015, plusieurs gros Youtubeurs américains ont fait le pari du payant en passant sur la plateforme Vessel, sorte de "version Youtube de Netflix" qui coûte 2,99 dollars par mois. De très jeunes Youtubeurs comme Caspar Lee ou Tanya Burr (respectivement 5 et 3 millions d’abonnés) proposent ainsi d’abord leurs vidéos aux abonnés de Vessel, qui partage les revenus des abonnements avec les vidéastes. Leurs vidéos ne se retrouvent sur Youtube, gratuitement, que trois jours après. Autre concurrent de taille : Facebook. Fin 2015, le réseau social qui mise tout sur la vidéo, avançait le chiffre de 8 milliards de vues quotidiennes sur ses vidéos. Pas encore autant que Youtube, mais le chiffre a doublé en moins d’un an. Et si les vidéos Facebook ne comportaient jusqu’ici pas de publicité, le réseau social commence à expérimenter la monétisation et pourrait ainsi attirer des Youtubeurs. Sans oublier Snapchat : comme @si le relevait ici, l’application permet de toucher un public jeune, parfois encore plus massif que sur Youtube. Et avec le risque que les "snappeurs" ringardisent les Youtubeurs.

La pUB déguisée, deux fois plus rémunératrice

Cette somme de 100 000 euros viendrait s’ajouter aux revenus publicitaires que touchent déjà les Youtubeurs. Des revenus en forte baisse, note BFMTV : alors que les Youtubeurs pouvaient espérer entre 1 et 3€ pour 1 000 vues il y a deux ans, ils devraient se contenter aujourd’hui de 80 centimes d’euros pour la même audience. Pour y remédier, les Youtubeurs se tournent vers des "networks" (régies publicitaires, comme Mixicom par exemple) qui négocient pour eux des tarifs plus avantageux. De quoi assurer de coquets revenus annuels pour les plus gros Youtubeurs : 100 000 euros pour Norman, 360 000 pour Cyprien et même 480 000 pour Squeezie, selon Les Echos.

Surtout, les Youtubeurs les plus en vue se rémunèrent grâce à de la publicité plus ou moins cachée. Placement de produits ou spots publicitaires qui ne disent pas leur nom (comme @si le relevait ici ou ) rapporteraient ainsi deux fois plus que les reversements de Youtube, pour des chaînes comme Studio Bagel ou Finder Studios, estime BFMTV. Reste que la répression des fraudes française (DGCCRF) a prévenu fin 2015 qu’elle "étudiait" la question, sans donner plus de précisions. Hasard du calendrier (ou pas) : depuis, certains Youtubeurs indiquent en toutes lettres, dans leurs vidéos, que leurs contenus sont "sponsorisés par" une marque.

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