Tunisie : censure, mode d'emploi (Libération)
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"Nous autres journalistes de ce minuscule pays d’Afrique du Nord, sauvé par sa laïcité, le code du statut personnel de ses femmes institué à l’époque de Bourguiba, et par la modernité diffusée au sein de ses institutions au temps des beys (rois de Tunis) réformateurs, dès le début du XIXe siècle. Bâillonnés? Nous l’avons toujours été, même au début du «Changement du 7 Novembre», comme on a appelé l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. Le nouveau président avait très vite trouvé ses marques, érigé ses interdits, installé ses hommes à la tête des médias officiels et des médias pseudo-indépendants. " "Ceux qui avaient continué à ramener des articles trempés dans un esprit critique, écrits pour tenter au quotidien «l’aventure du vrai», selon l’expression du journaliste Jacques Derogy, ont affronté une stratégie de l’humiliation. Leurs papiers étaient taxés d’«impressionnistes», lorsqu’on ne les jugeait pas «déséquilibrés», «subversifs», «litigieux»." |
Libération mercredi 9 février 2011
"Plus rien n’échappait aux ciseaux des responsables de la presse, même pas les informations institutionnelles ou les articles sur la météo. Les textes étaient tellement charcutés que leurs auteurs ne les reconnaissaient plus. "
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