Tunisie : censure, mode d'emploi (Libération)
Brève

Tunisie : censure, mode d'emploi (Libération)

"J’ai rejoint en 1989 l’équipe de la Presse et je voudrais témoigner de la perversité des mécanismes de la censure que nous avons subie," raconte Olfa Belhassine, un journaliste du quotidien tunisien La Presse dans une tribune publiée par Libération.

"Nous autres journalistes de ce minuscule pays d’Afrique du Nord, sauvé par sa laïcité, le code du statut personnel de ses femmes institué à l’époque de Bourguiba, et par la modernité diffusée au sein de ses institutions au temps des beys (rois de Tunis) réformateurs, dès le début du XIXe siècle. Bâillonnés? Nous l’avons toujours été, même au début du «Changement du 7 Novembre», comme on a appelé l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. Le nouveau président avait très vite trouvé ses marques, érigé ses interdits, installé ses hommes à la tête des médias officiels et des médias pseudo-indépendants. "

"Parallèlement à la démultiplication de «mercenaires de la plume», courroies de transmission de la propagande du régime, Ben Ali prenait la parole régulièrement pour «exhorter» les journalistes à dépasser leur réflexe d’autocensure et de «se mettre au niveau de l’évolution économique et sociale du pays». En fin stratège de la manipulation, il a réussi à monter une partie de l’opinion contre les journalistes. Nous devenions les boucs émissaires de la République. Ses parias. Ses putains."

"Ceux qui avaient continué à ramener des articles trempés dans un esprit critique, écrits pour tenter au quotidien «l’aventure du vrai», selon l’expression du journaliste Jacques Derogy, ont affronté une stratégie de l’humiliation. Leurs papiers étaient taxés d’«impressionnistes», lorsqu’on ne les jugeait pas «déséquilibrés», «subversifs», «litigieux»."

Libération mercredi 9 février 2011

"Plus rien n’échappait aux ciseaux des responsables de la presse, même pas les informations institutionnelles ou les articles sur la météo. Les textes étaient tellement charcutés que leurs auteurs ne les reconnaissaient plus. "

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Voir aussi

Ne pas manquer

DÉCOUVRIR NOS FORMULES D'ABONNEMENT SANS ENGAGEMENT

(Conditions générales d'utilisation et de vente)
Pourquoi s'abonner ?
  • Accès illimité à tous nos articles, chroniques et émissions
  • Téléchargement des émissions en MP3 ou MP4
  • Partage d'un contenu à ses proches gratuitement chaque semaine
  • Vote pour choisir les contenus en accès gratuit chaque jeudi
  • Sans engagement
Devenir
Asinaute

5 € / mois
ou 50 € / an

Je m'abonne
Asinaute
Généreux

10 € / mois
ou 100 € / an

Je m'abonne
Asinaute
en galère

2 € / mois
ou 22 € / an

Je m'abonne
Abonnement
« cadeau »


50 € / an

J'offre ASI

Professionnels et collectivités, retrouvez vos offres dédiées ici

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.