Tremblay : la police avait vu l'enquête de TF1 cinq jours avant diffusion
"Un reportage sur le trafic de drogue en banlieue sur TF1, un raid policier, un bus caillassé et incendié dans une ville sous tension. La séquence des faits qui se sont déroulés à Tremblay-en-France depuis trois jours amène à se poser quelques questions. Quelle est la responsabilité de la presse dans cette affaire ?" demande Fabrice Rousselot dans la deuxième des trois pages que Libération consacre aux relations entre les médias et la banlieue. "Attablés à la terrasse d’un café sur la dalle de la cité du Grand-Ensemble, les Tremblaysiens rivalisent de qualificatifs pour décrire le goût âcre que leur a laissé dans la bouche le reportage diffusé par TF1, lundi soir, sur le trafic de drogue dans leur quartier. (...) Si l’ensemble des habitants n’a pas vu le reportage de la Une, «parce que de toute façon, on sait ce que ces journalistes ont voulu montrer», tous ont échangé leurs sentiments sur le sujet au cours d’une journée que Libération a passé sur la dalle située en plein coeur de Tremblay-en-France. Malgré un accueil un peu rude, une discussion s’est nouée avec une vingtaine d’habitants." Libération vendredi 2 avril 2010 ![]() |
Emmanuel Chain déclare à Libération n’avoir «renseigné personne». Sauf, bien sûr, Jean-Jacques Herlem, directeur adjoint de la police judiciaire de Paris, invité à réagir au reportage dans une interview enregistrée cinq jours avant la diffusion de l’émission. «Je crois que cette situation ne peut plus durer», dit-il en plateau à Chain après les images tournées à Tremblay. (...)Herlem a-t-il dépêché la police sur place, histoire de ne pas être tourné en ridicule le soir de la diffusion ? «Je n’en sais rien», répond Chain. De source policière, on reconnaît simplement avoir «précipité» le coup de filet conclusif d’une «enquête de plusieurs mois» qui aurait pu «tourner court à cause de ce reportage». (...) Chain dit avoir pris ses précautions (...)pour éviter toute descente de police dans sa boîte de prod, il a aussi fait détruire les rushes où les protagonistes apparaissent non floutés.
Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.
Déjà abonné.e ? Connectez-vousConnectez-vous
