Tableaux Guéant : l'acheteur malaisien identifié (L'Express)
Brève

Tableaux Guéant : l'acheteur malaisien identifié (L'Express)

Qui a acheté les deux tableaux flamands à Claude Guéant pour la somme controversée de 500 000 euros ? C'était l'une des questions que se posaient les enquêteurs après avoir découvert un virement bancaire suspect lors d'une perquisition effectuée au domicile de Guéant dans le cadre de l'enquête préliminaire sur le financement supposé de la campagne de Sarkozy en 2007 par Kadhafi. L'ex ministre de l'Intérieur avait assuré que l'acheteur était un avocat malaisien, sans plus de précision. L'Express, qui a envoyé un journaliste à Kuala Lumpur, l'a identifié mais n'a pas pu le rencontrer.



Il s'appelle Sivajothi Muthiah Rajendram. C'est le fameux avocat malaisien qui a acheté à Claude Guéant, en 2008, deux tableaux du peintre hollandais Van Eertvelt pour 500 000 euros. Une somme qui avait permis à l'ancien secrétaire général de l'Elysée de s'acheter son appartement à Paris. Le journaliste de L'Express, Jean-Marie Pontaut, s'est fait confirmer son identité par Claude Guéant. Il s'est donc rendu à Kuala Lumpur pour le rencontrer, en vain.

A défaut d'avoir pu l'interviewer, le journaliste décrit son périple : "Suivre sa trace oblige à un singulier jeu de piste. Le moins que l'on puisse dire, c'est que son cabinet n'a pas pignon sur rue, dans ce pays de près de 30 millions d'habitants... Il faut être un fin connaisseur de la capitale, Kuala Lumpur, pour localiser la société Rajendram Associates. Son site Internet se résume à une simple adresse: Damansara 1, block A 10-01, à une bonne demi-heure de voiture du centre-ville futuriste de "Kuala ". On y parvient à travers un réseau dense d'autoroutes qui semble avoir été tracé, à coups d'échangeurs, dans une luxuriante végétation".

Sur la photo, Guéant est inquiet

Arrivant au but, le journaliste de l'Express a pris...

Boite aux lettres

la photo de l'immeuble où se trouve le cabinet de picto Rajendram

Pontaut raconte la suite : "L'hôtesse qui reçoit L'Express ce lundi 28 octobre semble être la gardienne de lieux déserts. D'après elle, six avocats se partagent ces bureaux, dont Sivajothi Muthiah Rajendram. La jeune femme, souriante, le visage en partie voilé, indique qu'il doit rentrer d'Inde dans la nuit. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain. Mais le mardi matin, changement de ton. Une autre jeune femme ouvre la porte. Allure moderne, cheveux à la garçonne, l'air tendu. Elle nous bombarde de questions sur notre identité. "Nous ne communiquons pas avec les journalistes, assure-t-elle. M. Siva n'est pas là et, de toute façon, il vient de prendre sa retraite!". Fin de l'enquête.

 

Sur le plan judiciaire, L'Express précise qu'une commission rogatoire internationale a été lancée en juillet pour que les autorités malaisiennes interrogent cet avocat à propos de cette transaction suspecte. "Les enquêteurs n'excluent pas que la vente ne soit qu'un montage financier destiné à faciliter l'achat de l'appartement de l'ex-secrétaire général de l'Elysée, précise l'hebdomadaire. Ils disposent en effet d'un renseignement indiquant que, dans une période proche de la vente des deux marines, une somme correspondant presque à leur prix - environ 500 000 euros - est partie de Djibouti à destination de Kuala Lumpur. L'argent aurait-il atterri sur le compte de l'avocat malaisien Rajendram ?"

Si vous avez raté le début de l'histoire, lisez notre observatoire : "La toile enquête sur les toiles de Guéant"

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