Snowden : le gouvernement GB a obligé le Guardian à détruire des disques durs
Brève

Snowden : le gouvernement GB a obligé le Guardian à détruire des disques durs

Affaire Greenwald, suite. Après l'arrestation du partenaire de Glenn Greenwald,

dont nous vous parlions hier, le directeur du Guardian Alan Rusbridger contre attaque et révèle comment le gouvernement britannique a exigé la destruction de disques durs contenant les révélations de Snowden.

Au cœur de l'affaire Snowden depuis que son journal analyse et livre au monde entier les documents fournis par l'ancien employé de la NSA, Alan Rusbridger avait évidemment son mot à dire dans la rétention durant quelques heures du compagnon de Glenn Greenwald, journaliste qui signe la plupart de ses révélations. Il prend la parole dans l'édition du jour.

"Lorsqu'on nous avons pris connaissance de la première tranche de documents WikiLeaks en 2010, j'avais déjà peur que notre capacité à en extraire la moindre information pour ensuite la publier soit très limitée au Royaume-Uni", écrit ainsi le directeur du journal.

"Il y a environ deux mois, j'ai été contacté par quelqu'un du gouvernement, très haut placé, qui représentait les intérêts du Premier Ministre. Il s'en est suivi deux réunions au cours desquelles il a exigé le retour ou la destruction totale de toutes les informations sur lesquelles nous étions en train de travailler. Ils m'ont dit "vous avez eu votre débat, vous n'avez pas besoin d'écrire davantage sur le sujet" Le ton était cordial mais la menace réelle". La réunion ne s'est pas terminée-là. "J'ai également demandé directement à cette personne si le gouvernement envisageait la voie juridique pour forcer la destruction de tous ces documents. Le représentant m'a effectivement confirmé qu'en l'absence de transfert ou de destruction de ces documents, c'était l'intention du gouvernement".

greenwald The guardian

L'anecdote suivante, toujours contée par Rusbridger, permet de mesurer le peu de compréhension du gouvernement britannique à l'ère digitale : "S'est alors produit l'un des moments les plus bizarres de la longue histoire du Guardian. Deux experts en sécurité de la GCHQ ont surveillé la destruction des disques durs dans les sous-sols du Guardian, pour être bien sûrs qu'il ne resterait plus rien dans ces petits morceaux de métal tordus". Ces informations avaient évidemment toutes été copiées au préalable. De plus, les révélations sont généralement publiées dans l'édition américaine du Guardian et Gleen Greenwald vit au Brésil.

La liberté de la presse est donc touchée mais pas coulée. Le directeur du Guardian, en revanche, reste prudent. "Il ne faudra pas très longtemps avant qu'il devienne impossible pour nos journalistes d'avoir des sources confidentielles. La plupart des journalistes d'investigation -et même la plupart des êtres humains en 2013- laissent derrière eux une empreinte digitale trop importante".

Par Robin Andraca

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à aller consulter notre dossier complet sur le sujet : Snowden, Guantanamo : "L'autre Obama".

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