Rwanda / "complot" : arrestation d'un célèbre chanteur
Brève

Rwanda / "complot" : arrestation d'un célèbre chanteur

Un célèbre chanteur, rescapé du génocide rwandais, Kizito Mihigo, a été accusé de complot contre l'Etat et arrêté, signale RFI. Il aurait même publiquement reconnu la véracité de ces accusations accompagné de quatre "complices" présumés selon le journal gouvernemental The New Times. En fait, c'est beaucoup plus compliqué.

Complot contre l'Etat ? Mardi, la police a présenté Kizito Mihigo, chanteur rescapé du génocide rwandais, et trois autres personnes arrêtées et accusées d'avoir préparé un attentat à la grenade contre un immeuble de Kigali. Mais Mihigo, accusé de travailler pour l'opposition, afin de mobiliser la jeunesse pour renverser le gouvernement, a simplement reconnu avoir critiqué le gouvernement dans des messages sur Internet. Ils sont accusés d'avoir mobilisé la jeunesse contre le gouvernement et de comploter contre le gouvernement de Kigali, en représailles de l'assassinat de Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements rwandais et critique à l’égard du président Paul Kagame.

Un blog (Les Nouvelles de Kigali à Bruxelles) commentele timing de l'arrestation du chanteur : "Il semble que les autorités rwandaises aient voulu atténuer l’impact des dernières arrestations de personnes qui s’écartent de leur ligne idéologique en étalant leur disparition temporaire et l’annonce de leurs arrestations. Le plus connu d’entre eux, Kizito Mihigo a disparu le vendredi 4 avril d’après plusieurs sources. C’est donc avant le début de la commémoration officielle du génocide des Tutsis. Ce n’est certainement pas un hasard s'il a été retiré de la place publique à ce moment là et qu’il a été “retrouvé” entre les mains de la police dix jours plus tard."

Né en 1981, Mihigo est un rescapé du génocide des Tutsis de 1994 et une figure au Rwanda. En 2001, il participe à la composition de l'hymne national rwandais et les autorités l'envoient faire des études au Conservatoire de musique de Paris. Sur son site, il se présente comme organiste et compositeur.

"A son retour au pays, il crée une fondation qui prône la paix et la réconciliation. Depuis, il chante régulièrement lors des manifestations publiques. Ses chants étaient devenus un passage quasi obligé lors des commémorations du génocide. C'est pourquoi son absence lors des cérémonies officielles des 20 ans du génocide a été très remarquée." explique RFI qui ajoute qu'une de ses dernières chansons aurait déplu au pouvoir.

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L'occasion de regarder notre émission : "La France au Rwanda? L'affaire Papon puissance cent"

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