Robert Ménard, et son arme fatale
Brève

Robert Ménard, et son arme fatale

La police municipale de la ville de Béziers vient d'être dotée d'armes de poing. Robert Ménard, maire de la ville et fier comme Artaban, a aussitôt fait placarder une centaine d'affiches clamant que « Désormais la police municipale a un nouvel ami - Armée 24h/24 et 7j/7 » :


Avec en photo un pistolet automatique, un Beretta 92. Cette arme doit une grande partie de sa célébrité au cinéma et à la télévision. Sur grand écran, elle est arborée par Bruce Willis dans Piège de cristal (Die Hard) :


Par le faussaire interprété par Tom Hardy dans Inception :


Par Steven Seagal dans Bestie :


Par Sylvester Stallone dans Demolition Man :



Par Mel Gibson dans L'Arme fatale (Lethal Weapon) :


Le Beretta 92 apparaît aussi dans Lara Croft – Tomb Raider, Independence Day, etc. À la télévision, on peut voir ce flingue dans Les Experts, Les Soprano, NCIS, Monk, Commissaire Montalbano, Une Femme d'honneur, Commissaire Moulin, etc. On peut le voir également dans denombreux jeux vidéo : Battlefield, Call of Duty, Resident Evil, entre autres.

On voit par là que Robert Ménard aime le cinéma qui fait Pan ! Boum ! Ratatatata ! La bagarre et les coups de feu à l'écran, c'est son truc ; on ne peut lui en vouloir, nous sommes nombreux à apprécier ce genre de bobines, à nous rêver quelques instants dans la peau de Bruce Willis dézinguant des cargaisons de méchants au sommet d'un immeuble. Sauf qu'il a brûlé une étape, Robert Ménard, il a oublié que tout ceci n'était que fiction, historiettes destinées à nous faire évacuer nos haines, nos frustrations, nos pulsions meurtrières. Il ne fait plus la différence entre la fiction et la réalité. À moins qu'il veuille flatter la part de ses électeurs prompts à flinguer leur voisin de palier, ceux pour qui le Beretta 92 est le meilleur ami de l'homme.


« En personnifiant ainsi un instrument de mort, écrit dans une lettre ouverte l'écrivain bitterois Gilles Moraton, en le parant des atours de l'amitié, un sentiment réservé aux êtres humains, vous allez à l'encontre de l'idée de sécurité, vous installez l'idée du combat dans les mentalités, vous préparez la population à la guerre.

Car cette image est un appel à la violence légitime.

Elle justifie à l'avance toutes les bavures à venir – qui n'en seront plus puisqu'un "ami" ne veut que votre bien.

Elle est un appel à la haine, cette image. Vous voulez choquer, vous voulez qu'on parle de vous dans les médias nationaux, votre immense ego ne peut se satisfaire du silence et pour ce faire, vous n'hésitez pas à faire appel aux instincts les plus bas, à la part sombre des individus, la protection du clan contre l'ennemi. Mais l'ennemi, Robert Ménard, l'ennemi est surtout dans votre tête, vous êtes votre propre ennemi, et le fait que vous ayez reçu le pouvoir du peuple ne vous autorise pas à ramener le peuple dans la préhistoire. »

Et pan !

Photo © Gilles Moraton


L'occasion de lire ma chronique intitulée Le menton sous le poing ou l'arme fatale du parvenu.

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