Quatremer, l'Europe, et les charrettes roumaines
Brève

Quatremer, l'Europe, et les charrettes roumaines

N'accusons pas l'Europe, elle n'y est pour rien !

Sur son blog, le correspondant de Libé à Bruxelles, Jean Quatremer, revient sur le billet du matinaute "Et au milieu roulait une charrette". A propos de l'affaire de la viande de cheval décelée dans les lasagnes, notre billettiste (et patron) s'interrogeait en ces termes:

"Finies les charrettes. Interdites, Europe exige, sur les routes nationales roumaines. Il faut que puissent foncer les bolides, d'un bout à l'autre du pays, et de l'Europe, sans risquer de percuter un cheval, que n'aurait pas assez protégé son joli pompon rouge. On serait curieux de savoir si c'est bien l'Union Européenne, vraiment, qui est venue à bout des charrettes roumaines. Et quels eurocrates ont imaginé la directive. Et comment elle était rédigée. Et pourquoi les Roumains y ont consenti."

Ces questions ayant été reprises, sous forme d'affirmation, par Yves Calvi sur France 2, Quatremer s'est saisi de l'affaire. Sachant que " a priori l'Union n'a aucune compétence en matière de code de la route", il a eu l'excellent réflexe d' interroger un porte-parole de l'UE, et "comme je m’y attendais, après enquête, rien. Enfin si: le seul texte qui pourrait avoir un rapport avec la loi Roumaine de 2008 sont des «lignes directrices sur la sécurité routière, non obligatoires, non juridiques, qui indiquent des vitesses minimales et maximales sur les routes nationales et autoroutes pour limiter les accidents», m’a expliqué Olivier Bailly, l’un des porte-paroles de la Commission. « Dès lors, il est possible – sans certitude des services – que certains véhicules aient été ainsi retirés de certaines routes. Mais nous n’avons rien imposé et n’avons jamais visé les carrioles ni demandé qu’on mange ces pauvres bêtes. Il s’agit là d’une simple supposition sur ce qui a pu se passer, car ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a rien dans les textes de l’Union qui vise les carrioles».

Quatremer ne cite pas précisément ces "lignes directrices". C'est dommage. L'information serait plus complète. D'autant que si "l'Union n'a aucune compétence en matière de code de la route", comme l'assure le correspondant de Libé à Bruxelles, il peut néanmoins arriver au Parlement Européen d'adopter des résolutions comme celle-ci, datant de 2011, et qui fait bel et bien de multiples recommandations aux Etats membres à propos de sécurité routière.

Ce qui ne signifie pas que l'UE a tué les charrettes roumaines. Ni demandé qu'on mange les chevaux. Ce que le matinaute n'avait d'ailleurs pas imaginé un instant.

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