Poutou, oiseau-lyre des éditocrates
Brève

Poutou, oiseau-lyre des éditocrates

Enfin la sonnerie de la récré !

Pujadas rit
Euphorie générale. Brouhaha de chaises. Quart d'heure de détente: c'est le moment Poutou. Patrick Cohen discute de Spartacus et de Louise Michel. "Comme président je ne suis pas sûr, mais comme pote du samedi soir pour boire un coup, volontiers" twitte l'éditocrate Renaud Dely (L'Obs). Toute la banquise de France 2, Pujadas, Saint-Cricq, Namias, se dégèle d'un seul craquement. Même les graphiques de Lenglet se sentent pousser des papattes, et des envies de gambades dans les verts paturages. Ah, jusqu'à Aphatie: si on le poussait un peu, Aphatie, certain qu'il cesserait de bouder, lâcherait sa dette, et rentrerait dans la bande. 

C'était bien malin, va, de vous battre comme des forcenés, contre les règles de temps de parole. Vous vous seriez privés de Poutou ! Vous vous seriez punis vous-même ! Vive la récré, vive l'heure des pétards, avec le pion-copain Poutou ! L'encre redevient eau, les pupitres redeviennent arbres: il sera bien temps, tout à l'heure, l'oiseau-lyre passé, de replonger dans les pensums des vieux profs, Hollande, Sarkozy, Mélenchon, et cette peau de vache de Le Pen.

Poutou, c'est le petit candidat idéal. Evidemment, il veut exproprier les banquiers, interdire les licenciements. Evidemment, il pratique la séquestration patronale ("en groupe", dit-il à France 2) en attendant de supprimer les patrons. Mais justement: tellement énorme qu'on lui passe tout. Et puis, tellement sympa ! Tellement frais ! Cette manière d'avouer, qu'il n'a pas envie de faire président, même "s'il se fait chier depuis huit mois". Et puis, quel repos. Aucun louche milliardaire antisémite derrière lui, comme Cheminade. Drôlement plus fun que Dupont-Aignan, drôlement moins agressif que Mélenchon. Et vous avez vu son clip de campagne ? Tellement créatif ! S'ils étaient tous comme lui ! Tous des Poutou !
Saint Cricq rit
Namias rit
Il faut dire que ça se tire. Les grandes vacances sont là, à vue d'oeil, grossissant chaque jour à l'horizon. Même les meilleurs élèves, même ceux qui se sont accrochés, consciencieusement, jour après jour, matin après matin, discours après discours, statistique après statistique, désintox après désintox, même ceux qui n'ont pas suivi l'exemple déplorable du cancre Delfeil de Ton, même ceux-là deviennent intenables, et se précipitent sur Poutou, cet avant-goût de la délivrance.
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