Pigiste viré du Point car trop critique ?
Brève

Pigiste viré du Point car trop critique ?

Le Point n'aime pas les pigistes trop critiques.

Un de ses pigistes - c'est-à-dire un journaliste indépendant, payé à l'article -, basé à Nantes, Philippe Dossal assure avoir été viré après avoir écrit un post de blog intitulé "les sous-doués de la presse parisienne" le 14 février dernier. Dans ce post, le journaliste critiquait les choix de plusieurs médias, et notamment ceux du Point. 'J’ai décliné l’invitation à participer aux dossiers que prépare Le Point sur les municipales, dont les angles sont, de mémoire : les abus de pouvoirs des maires et leurs réalisations pharaoniques. On n’est pas loin du « tous pourris », tous bons à jeter. Voilà qui va relever le niveau du débat démocratique. Sans doute cela va-t-il booster les ventes artificiellement à court terme, mais il est vraisemblable que le calcul ne sera pas payant sur la durée", écrivait-il.
Point

Il ajoutait même, un peu provoc : "Il est possible que je brûle mes vaisseaux en publiant une telle humeur. Si quelque chef zélé du Point tombe dessus, ma collaboration à ce grand magazine pourrait faire long feu. Mais pour tout dire, je m’en moque un peu. Ce sont eux qui sont venus me chercher il y a un peu plus de dix ans et je suis fatigué de voir chaque semaine la tête d’Onfray déverser son fiel sur la terre entière. La vie est ailleurs désormais, et la presse se réinvente autrement. Amen." Contacté par @si, le journaliste assume la provocation, mais souligne que ce billet d'humeur "n'était publié que sur un blog".


Il semble qu'il ait été lu par le Point... A la suite de ce post, plus aucune nouvelle de son employeur. "Je devais collaborer à un supplément ville, en juin, mais je n'ai pas été contacté. J'ai envoyé un mail à mon chef de service pour demander, en ajoutant que j'étais prêt à un divorce à l'amiable, mais il ne m'a jamais répondu". Et c'est en appelant d'autres journalistes qu'il comprend que l'on ne fera plus appel à lui. Pas de licenciement officiel, mais on ne lui demande plus d'article. Manière pour l'hebdomadaire d'éviter de payer des indemnités? Le journaliste déplore une "méthode pas élégante".

Il est possible que je brûle mes vaisseaux en publiant une telle humeur. Si quelque chef zélé du Point tombe dessus, ma collaboration à ce grand magazine pourrait faire long feu. Mais pour tout dire, je m’en moque un peu. Ce sont eux qui sont venus me chercher il y a un peu plus de dix ans et je suis fatigué de voir chaque semaine la tête d’Onfray déverser son fiel sur la terre entière. La vie est ailleurs désormais, et la presse se réinvente autrement. Amen. - See more at: http://philippedossal.fr/les-sous-doues-de-la-presse-parisienne/#sthash.avshWhIn.dpuf

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