Pernaut, et les "60 jours de congés" des cheminots
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Pernaut, et les "60 jours de congés" des cheminots

60 jours de congés par an ?

Le jour de la grève des cheminots, mercredi 8 mars, le 13 heures de TF1, présenté par Jean-Pierre Pernaut, a insisté sur la volonté des cheminots de préserver leurs acquis sociaux, et notamment leurs jours de congés. Dans le sujet, il est précisé dans une infographie que les cheminots bénéficient de "60 jours de congés en moyenne par an". En voix off, le journaliste précise qu'il s'agit des "jours de congés ou de RTT".

60 jours ? "Non Monsieur Pernaut, les cheminots n'ont pas 60 jours de congés", réplique un cheminot sur le site de pétition Change.org en demandant "des excuses publiques" . La pétition a recueilli près de 26 000 signatures.

Face à la polémique, Pernaut revient tout de même sur le sujet le lendemain... en confirmant le chiffre. 60 jours, vraiment ? Le surlendemain, Pernaut réaborde le sujet pour la troisième fois. Et il finit par reconnaître à demi-mot qu'il y a eu un léger problème de présentation de ces chiffres, émanant d'un document officiel de 2014 et qui avaient été confirmés par la direction de la SNCF. Concrètement, ce document précise que les cheminots ont des jours de congés (28), des jours fériés (10) et des jours de RTT (22). Le 13 heures de Pernaut a additionné tous ces chiffres pour obtenir le fameux "60 jours de congés en moyenne". Sauf que le chiffre de 22 jours de RTT n'est pas une moyenne mais un maximum. Il concerne le personnel roulant qui travaille en horaires décalés, avec des journées parfois commencées à 3-4h du matin ou se terminant vers 2h du matin, comme l'a expliqué Libération.

Conclusion de Pernaut, qui n'a pas présenté ses excuses, "le chiffre à retenir, c'est 28 jours, plus le reste, jours fériés et RTT comme dans toutes les entreprises". Regardez comment, en trois JT sur TF1, les cheminots ont vu leurs jours de congés réduire de moitié :

Dans cette bataille de chiffres, Pernaut a au moins pu compter sur le soutien de Valeurs Actuelles qui a dénoncé "l'omerta" autour de ces chiffres et le lancement de cette pétition. Réplique cinglante des journalistes de Libé sur Twitter : "Euh, l'omerta c'est quand on dit pas des trucs vrais. Là il s'est surtout agi de dire des trucs pas vrais..."

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