Panama Papers / Espagne : éclaboussé, le patron d'El País contre-attaque
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Panama Papers / Espagne : éclaboussé, le patron d'El País contre-attaque

L’un des plus importants patrons de la presse espagnole, mouillé par les Panama Papers? C’est ce qu’affirme le site d’information espagnol El Confidencial. Associé au consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ) pour enquêter sur les archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, El Confidencial vient de révéler que Juan Luis Cebrián, président du groupe de presse Prisa (El País) est actionnaire d’une société pétrolière offshore, Star Petroleum.

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Au centre de cette affaire: un entrepreneur irano-espagnol, Massoud Farshall Zandi, intime du patron d’El País. "Les amitiés peuvent être dangereuses, surtout lorsque l’on fait du business avec des personnes qui résident dans des paradis fiscaux", souligne El Confidencial qui explique que Zandi a utilisé les services du cabinet Mossack Fonseca pour cacher au fisc les activités offshore de la société espagnole Star Petroleum au Luxembourg mais aussi à Samoa ou aux Seychelles.

Or, comme l’affirme le site, le patron d’El Pais détient actuellement 2% de la société, cédés gracieusement par Zandi en gage "de leur longue amitié". Le site assure que Cebrián, ex-administrateur de la société, aurait même prévu d’acquérir de nouvelles parts dans Star Petroleum pour près de 14,5 millions d’euros. Dans ce business, Cebrián se retrouve également associé à des figures comme Javier Merino, accusé en 2014 par des ONG de mener des activités commerciales opaques au Soudan du Sud. "Ces insinuations sont totalement fausses", se défend Cebrián qui nie avoir détenu une quelconque société offshore (mais ne précise pas s'il en détient des parts). Pourtant comme le souligne El Mundo, "les documents de l’enquête montrent manifestement que l’entrepreneur [Zandi] a été aidé par le cabinet Mossack Fonseca pour constituer des sociétés offshore aux Seychelles et aux Samoa, à travers lesquelles il controlait Star Petroleum, dont le siège administratif se trouve à Madrid et le siège fiscal au Luxembourg."

Des médias blacklistés

Le président du groupe Prisa a décidé de contre-attaquer. Il vient de poursuivre El Confidencial pour diffamation, ainsi que la chaîne de télévision la Sexta (également partenaire de l’ICIJ) et le site de presse eldiario.es pour avoir relayé les détails de l’affaire et l’avoir relié aux Panama papers. Ce n’est pas tout. Les journalistes du groupe Prisa (El País), qui sont collaborateurs réguliers de La Sexta, ont reçu des consignes comme le relève El Mundo : plus question pour l'instant pour eux de s'exprimer sur la chaîne de télévision qui a "diffamé" leur patron. Autre mesure coup de poing : les journalistes des trois médias à l’origine des révélations ne sont plus les bienvenus au sein du groupe Prisa.

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Comme il le raconte ici, le rédacteur en chef d’eldiario.es, Ignacio Escobar a ainsi reçu un courrier de la direction de la radio Cadena Ser (propriété de Prisa) pour laquelle il intervient comme chroniqueur, lui annonçant qu’il était viré. Sa réponse : "Je ne regrette rien de ce qu’a publié le journal que je dirige, malgré les conséquences. J’ai accompli mon devoir de journaliste."

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