Montebourg, costumier de l'impuissance
Brève

Montebourg, costumier de l'impuissance

Et vive les auditeurs ! Plus précisément, merci à Yves

Article mis à jour le 13/09/2012, avec la réponse de Me Florence Rault, avocat.

, auditeur de France inter du Finistère. C'est lui, après une demi-heure d'émission matinale, qui s'est dévoué pour poser à Montebourg la question brûlante de ses relations avec le banquier Pigasse, employeur de sa compagne Pulvar, et heureux attributaire d'une mission de conseil sur la création de la Banque Publique d'Investissement. Le site du Point vient de révéler les circonstances de la rencontre entre Montebourg et Pigasse: le ministre était passé "prendre le café", après un repas entre son directeur de cabinet et le banquier. C'était quinze jours après l'embauche de Pulvar aux Inrocks. "Ce n'est pas un scoop", a dit Montebourg. C'est vrai. Il ne s'en était jamais caché. Au plus fort de la polémique sur la nomination de Pulvar, Monsieur Redressement avait assuré ne jamais avoir rencontré Pigasse avant l'embauche de Madame Rocknroll. Il n'avait pas parlé d'après.

Merci à Yves, à qui l'animateur Patrick Cohen a donc délégué cette question (les questions des auditeurs étant connues à l'avance, c'est bien un choix de France Inter d'avoir sélectionné Yves). Et dommage qu'il ne se soit pas trouvé, parmi les auditeurs de France Inter ce jeudi matin, un Antoine de la Nièvre, ou un Dominique des Yvelines, lecteur de Libé. Plus précisément, un lecteur de la tribune de deux avocats, Florence Rault et Régis Castelnau, qui affirment que Montebourg, et même s'il s'est dit en désaccord avec le choix de Pigasse, se trouve bel et bien, juridiquement, en situation de prise illégale d'intérêts. La démonstration semble imparable. L'est-elle ? Me Rault étant par ailleurs (ce que Libé ne précise pas) l'avocate d'Alexandre Guérini, lequel ne porte pas Montebourg dans son coeur, on peut a priori en douter. La question méritait au moins d'être posée, ne serait-ce que pour dévoiler les dessous d'une bataille où tous les coups semblent permis. Elle ne l'a pas été.

Dans le reste de l'émission, Montebourg a déployé (par exemple sur le plan social chez PSA) ses talents de costumier de l'impuissance. C'est un art difficile, que de draper l'impuissance dans une rhétorique flamboyante. Fut un temps où on écoutait Montebourg avec espoir. Celui-là serait différent des autres. Aujourd'hui, on sourit. On admire vaguement les exploits rhétoriques. Pourquoi cela doit-il venir de lui ? Pourquoi faut-il que ce soit lui, qui avait ferraillé pour faire enfin juger Juppé et Chirac, qui se trouve aujourd'hui dans cette situation de soupçon ? Pourquoi faut-il que derrière tout pouvoir, se dessinent immédiatement des silhouettes d'affairistes de second empire ? Pourquoi faut-il que le même film recommence toujours, les acteurs se contentant de permuter leurs rôles ?

Curée Zola

Mise à jour 13/09/2012, 16h40 - Réponse de Me Florence Rault, avocat

Monsieur,

Que vous voliez au secours d'Arnaud Montebourg reste votre droit. Pour autant je considère votre commentaire sur ma personne et ma fonction comme diffamatoire. Pour discréditer mon propos vous n'hésitez pas à tronquer la vérité pour mieux abuser vos lecteurs.

Votre article me présente comme avocat d'Alexandre Guérini, agissant au nom et pour le compte de ce dernier dans le cadre des « dessous d'une bataille où tous les coups semblent permis ».

Si j'ai bien été l'avocat de Monsieur Guérini au début de sa mise en cause, vous ne pouvez ignorer que je n'assure plus sa défense depuis 2 ans, ce dont la presse s'est fait l'écho à l'époque. Pour autant je suis et resterai toujours honorée de la confiance qui m'est faite par tous ceux et celles qui me confient leur défense, y compris, Monsieur, s'agissant d' Alexandre Guérini.

Celui-ci n'a nul besoin de messager. Quant à moi je n'en suis pas à ma première analyse juridique sur un sujet qui fait partie de mon coeur de métier. Sachez que je codirige un cabinet d'avocats spécialisés en droit public. Que j'y traite particulièrement ces questions de risque pénal dans l'exercice des missions de service public.

Avec mon associé Régis de Castelnau, nous avons écrit, notamment, un ouvrage intitulé « Le Fonctionnaire et le juge pénal ». Régis de Castelnau a enseigné cette matière à Paris II. Nous avons dispensé des dizaines de formations sur le risque pénal de la gestion publique pour de nombreux organismes ou collectivités, y compris l'Etat.

Je pense que nous sommes parfaitement légitimes à émettre un avis sur une situation juridique. Je n'ai pas la réputation d'être à la solde de quiconque et mes analyses sur des points de droit sont régulièrement publiées. La dernière portait sur la libération conditionnelle de Michèle Martin, relayée par le Plus du Nouvel Obs.

En dehors de la piètre image que vous semblez avoir de la profession d'avocat votre commentaire n'avait pour but que de porter atteinte à ma personne pour tenter de faire oublier une « démonstration imparable ».

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