Mise en examen : Sotto épingle Sarkozy (Europe 1)
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Mise en examen : Sotto épingle Sarkozy (Europe 1)

Nicolas Sarkozy a bien été mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale" dans l'affaire Bygmalion. Interviewé lundi 26 septembre sur Europe 1, l'ancien président affirme pourtant le contraire. Il est contredit par le journaliste Thomas Sotto, qui peine à imposer les faits face aux protestations de Sarkozy.

De la difficulté de fact-checker en direct. Nicolas Sarkozy était ce matin, lundi 26 septembre, dans la matinale d'Europe 1 face à Thomas Sotto. L'ancien président affirme qu'il a remboursé "de ses deniers" le dépassement des frais de sa campagne de 2012. "Les comptes de campagne et l'affaire Bygmalion sont deux affaires différentes", intervient alors Sotto. "Vous êtes mis en examen pour financement illégal de campagne électorale", rappelle le journaliste, sous les protestations de Sarkozy. Ce dernier prétend que dans l'affaire Bygmalion, il n'a été mis en examen que pour le dépassement du plafond des dépenses de sa campagne électorale. Or Sotto explique que le dépassement n'est qu' "un élément constitutif" de la mise en examen : il ne constitue pas l'intégralité de l'accusation.

Sotto a raison : Sarkozy est bien mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale", comme l'a annoncé le 16 février le parquet de Paris. Et le réquisitoire du parquet, signé le 30 août, demande son renvoi en correctionnelle pour financement illégal de campagne. C'est sous ce chef d'accusation que l'ancien président sera jugé. Un chef d'accusation qui inclut trois faits... dont le dépassement des dépenses électorales, martelé par Sarkozy.

lemonde sarko correctionnelle

Article du Monde, 5 septembre 2016

Sarkozy continue sur sa lancée : il affirme que toute cette histoire "a été jugé[e] par le Conseil Constitutionnel". "Ce sont deux affaires différentes", insiste à nouveau Sotto... avec raison. En effet, le Conseil Constitutionnel avait rejeté en juillet 2013 les comptes de campagne de Sarkozy : certaines dépenses écartées par l'équipe du candidat avaient été considérées comme faisant bien partie des dépenses de campagne de 2012. Le parti avait alors été condamné à rembourser près de 11 millions d'euros de frais de campagne, et Sarkozy avait été lui condamné à payer une amende égale au montant du dépassement de la somme autorisée (466 118 euros). C'est cette fameuse amende que Sarkozy dit avoir payée "de ses deniers". C'est-à-dire que l'UMP avait payé pour Sarkozy, qui avait ensuite remboursé le parti (ce qui avait valu l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, car l'UMP n'était pas censée payer pour son ancien chef de parti).

Est-elle vraiment réglée, cette histoire de dépassement des comptes de campagne, comme l'affirme Sarkozy ? Non. Car comme le rappelle plusieurs fois Sotto, l'arrêt du Conseil Constitutionnel et la mise en examen de Sarkozy sont deux affaires bien distinctes. L'affaire des fausses factures de Bygmalion n'a été révélée qu'en 2014, rappellent Les Décodeurs du Monde... soit après le jugement du Conseil Constitutionnel. Sans compter que le dépassement annoncé par le Conseil en 2013 n'était que de 466 118 euros alors que les dépassements dans l'affaire Bygmalion se solderaient d'après l'enquête à plus de 23 millions d'euros.

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