Macron remonte-t-il les bretelles de Drahi ? (Le Monde)
Brève

Macron remonte-t-il les bretelles de Drahi ? (Le Monde)

Attention, le nouveau Macron est arrivé. Selon Le Monde, le ministre de l’économie apparaît aujourd’hui moins hésitant qu’à ces débuts. Fini les faux-semblants : Macron exige à la fois des réformes mais aussi l’exemplarité des grands groupes et notamment dans leur relations avec leurs fournisseurs. Dans son viseur : Patrick Drahi, président d’Altice-Numericable qui s’est offert SFR et qui, depuis, pressure les fournisseurs de l’opérateur. L’attitude du Macron-nouveau tranche en effet avec sa discrétion sur ce sujet comme le racontait… Le Monde en mars dernier.

Vous allez voir ce que vous allez voir. A en croire Le Monde, le ministre de l’économie Emmanuel Macron est désormais un social-libéral "décomplexé". Fini les hésitations, fini les faux-semblants – l’article ne dit pas si les bourdes du ministre appartiennent également au passé. Selon le quotidien, "ces dernières semaines, la mue est même impressionnante : à chacune de ses prises de parole, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée enfonce le clou, plébiscitant un jour les baisses de charges, attaquant un autre les augmentations de salaire."

Ça, c’est pour le côté libéral. Côté social (?), "le ministre compte mettre l’accent ces prochaines semaines sur «l’exemplarité» des grands groupes. Il se dit ainsi prêt à clouer au pilori ceux qui imposent des délais de paiement trop élevés à leurs fournisseurs". Cité par le quotidien, le ministre assure qu’il n’hésitera pas "à donner publiquement les noms des entreprises qui ne respectent pas la loi. Il a d’ailleurs commencé à le faire avec SFR-Numericable et Patrick Drahi".

Drahi cloué au pilori par Macron ? Il faut dire que le patron d’Altice-Numericable mais également actionnaire du nouveau pôle média qui regroupe Libération, L’Express-L’Expansion et la chaîne de télé internationale i24news basée en Israël semble prendre quelques libertés avec le règlement des factures des prestataires de SFR. Dans une longue enquête publiée en février dans Les Echos, il apparaît que depuis l’arrivée de Drahi aux commandes fin novembre, "les très nombreux fournisseurs et prestataires sont mis sous tension. […] Pour faire plier certains fournisseurs, Drahi n’hésite pas à cesser de les rémunérer pendant plusieurs mois."

Une situation rocambolesque : certaines boutiques Numéricâble ne sont pas approvisionnées en téléphones de démonstration tandis que les salariés du groupe se passent de papier dans les imprimantes faute d’avoir réglé les factures. Une gestion de "cost killer" bien connue chez Numericable comme le rappelle le site de BFM Business puisque depuis 2008 le câblo-opérateur a été condamné 12 fois pour impayés.

Des méthodes qui n’ont encore intéressé ni Libé ni L’Expansion (hormis au détour d'une reprise de l’AFP ici et ) mais qui ont été épluchées en mars par Le Monde – dont Xavier Niel, l’un des actionnaires et par ailleurs patron de Free, est en compétition ouverte avec Drahi. Le quotidien annonçait la mise en place d’une médiation entre le groupe et le syndicat qui regroupe la plupart des fournisseurs et autres prestataires de Numericable-SFR. On apprenait surtout que le 23 mars dernier, Macron, accompagné de la secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire, recevait Drahi. Le dossier des fournisseurs a-t-il été abordé ? Réponse du ministre, d’une pudeur de violette et sans pilori : "tous les sujets d’actualité de l’entreprise ont été évoqués et nous ne ferons pas d’autres commentaires". Mais ça, c’était le Macron d’avant.

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