Les Français, et la "haine" de L'Oréal (Le Monde.fr)
Brève

Les Français, et la "haine" de L'Oréal (Le Monde.fr)

Un point de vue à contre-courant sur L'Oréal. Frédéric Parrat, avocat fiscaliste et enseignant-chercheur à l'université Paris-V, livre sur le site du Monde son analyse de l'affaire Woerth-Bettencourt, qui risque selon lui de faire perdre à la France un des plus grands fleurons de son industrie.
L'Oréal
Une histoire de couple. Le groupe Nestlé réfléchirait "aux formes de développement à long terme" de sa participation - actuellement de 30% - dans L'Oréal, le leader mondial des cosmétiques, d'après les déclarations du président de Nestlé à un quotidien allemand (rapportées par Les Echos).

Or, selon Frédéric Parrat, l'appétence du groupe suisse "tombe bien, car depuis plusieurs mois, les Français, loin de remercier la famille Bettencourt d'avoir fondé le leader mondial des cosmétiques et d'être resté fiscalisée sur notre territoire, crient leur haine et leur mépris."

"Cet acharnement est d'autant plus surprenant que, contrairement à nombre de chefs d'entreprise, de sportifs ou d'artistes français, la famille Bettencourt a toujours refusé de s'expatrier fiscalement malgré les importantes économies d'impôt qu'elle aurait pu réaliser. A certains égards, elle a fait preuve de patriotisme fiscal même si l'instauration du bouclier fiscal a atténué en partie l'intérêt d'une délocalisation."

Parrat met en garde les Français: "Pour la France, perdre ce fleuron industriel aurait de graves conséquences, car si Nestlé prend le contrôle de L'Oréal, il est fort probable que le siège social sera délocalisé en Suisse. L'Oréal emploie plus de 65 000 salariés, paie chaque année plus de 3,5 milliards d'euros de frais de personnel et le seul impôt sur les sociétés rapporte à l'Etat près de 1 milliard d'euros... (...) Un marché en pleine croissance, notamment en Asie, qui nous échappera le jour où Nestlé décidera de monter au capital de L'Oréal. Nul doute que ce jour-là, nos compatriotes reprocheront à nos politiques de ne pas avoir fait le nécessaire pour que ce fleuron industriel reste français."

(par Nicolas de Saint Meleuc)

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