Le patron d'Exxon contre le gaz de schiste (dans son jardin)
Brève

Le patron d'Exxon contre le gaz de schiste (dans son jardin)

Rex Tillerson adore le gaz de schiste, mais pas chez lui.

Sous sa direction, l'entreprise ExxonMobile, la plus grande compagnie pétrolière du monde, a investi pas moins de 22,5 milliards d'euros dans son extraction, par la méthode de la fracturation hydraulique (dont @si vous parlait ici). Mais voilà, ce PDG aime beaucoup moins les vilains chateaux d'eau que nécessitent les puits d'extraction, raconte Le Monde.fr, surtout quand ils sont construits... à proximité de son ranch au Texas.

Pour manifester son mécontentement, il attaque, avec trois de ses voisins, le projet de construction d'un de ces chateaux d'eau, qui risquerait de faire perdre de la valeur à sa propriété (estimée à 5 millions de dollars). Le document de la plainte déposée en 2012, révélé la semaine dernière par le Wall Street Journal, précise le désarroi des Tillerson : "les propriétaires ont acheté leur maison à Bartonville pour vivre dans un quartier aisé, sans industries, immeubles hauts ou autres bâtiments qui pourraient faire perdre de la valeur à leur propriété et affecter négativement le mode de vie rural qu'ils recherchent".

Tillerson et ses voisins demandent donc l'arrêt de la construction de la tour, qui a déjà commencé, et la destruction de "l'alarmante structure" qui constitue une "monstruosité", déjà en place. Mais là où l'histoire prend toute sa saveur, c'est lorsqu'on apprend que ce même Tillerson s'est récemment opposé à un projet de loi... régulant la fracturation hydraulique.

picto Un réalisateur américain compatit avec Rex

Evidemment, l'ironie de la situation n'a pas échappé aux opposants aux gaz de schiste. Le réalisateur Josh Fox, auteur du célèbre documentaire Gasland, a ainsi créé le savoureux hashtag #ImWithRex ("je suis avec Rex") pour "soutenir" le courageux PDG dans sa croisade contre la fracturation hydraulique. Le hashtag a depuis été repris par un acteur américain célèbre (Mark Ruffalo) et en France par des responsables écologistes.

Face à la polémique, les avocats de Rex Tillerson ont tenu à préciser qu'il ne s'opposait "en aucun cas" au gaz de schiste, mais qu'il craignait que la tour en question nuise au paysage et attire du trafic et de bruit dans son voisinage.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.