La Gueule de l'emploi : critique de la critique
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La Gueule de l'emploi : critique de la critique

Le dernier épisode de la série

La Gueule de l'emploi ? Didier Cros, le réalisateur du documentaire de France 2 qui montrait les méthodes musclées employées par le cabinet de recrutement RST conseil, publie sur le site de sa maison de production un droit de réponse aux attaques des recruteurs. Le responsable de RST conseil l'avait accusé de manipulation dans une interview à Télérama.fr.

Polémique autour du documentaire La gueule de l'emploi : suite et fin ? Didier Cros, le réalisateur du documentaire centré sur les méthodes de recrutement de la compagnie d'assurance GAN, diffusé le 6 octobre sur France 2, publie un droit de réponse, relayé par Télérama.fr. Point par point, le documentariste rétablit sa vérité face aux virulentes critiques formulées par le responsable de RST conseil, Rogers Teunkam, dans une interview donnée à Télérama.fr le 26 octobre. Ce dernier l'accusait entre autres de n'avoir eu accès au film monté que quelques jours seulement avant sa diffusion sur France 2, en récupérant la version déjà diffusée à la télévision belge.

Pour souvenir, voilà ce que ça donnait picto

Il accuse aussi le réalisateur d'avoir manipulé les recruteurs et de ne livrer qu'une partie de la réalité : "Je ne connaissais pas les techniques et les méthodes de la télévision. Je me suis aperçu que les images, c’est comme les chiffres : on peut leur faire dire ce que l’on veut !"

Pas de changement de cap pour Cros, qui s'était déjà expliqué sur notre plateau au tout début de la polémique, et par téléphone après l'interview de Teunkam. Le documentariste s'explique sur le fait d'avoir, pour les besoins du film, modifié le processus et la longueur d'une session de recrutement, en y ajoutant certains modules que le cabinet de conseil n'emploie pas d'habitude. A défaut de manipulation, Cros parle d'"aménagements inhérents à un tournage" et précise que l'allongement de la session relevait d'une décision qui avait "été prise en amont avec l’accord de tous".

Concernant les attaques sur le nombre important de recruteurs, qui produit un aspect "jury" de tribunal à l'image, les modifications dans le lieu de tournage et le décor, mais également dans l'inégalité de traitement entre candidats et recruteurs, Cros insite sur le fait que tout a été fait en accord avec les responsables du cabinet de conseil et que le déséquilibre dans le nombre d'interviews de recruteurs face à celles des candidats est plutôt bénéfique pour RST conseil : "Tout au long de cet interview, il leur était extrêmement difficile d’avoir le moindre recul sur leur travail face aux critiques formulées par les candidats. Si j’avais retenu d’autres commentaires de leur part dans le montage final, le constat n’en aurait été que plus douloureux pour eux."

Quant au reproche de Teunkam concernant le non-visionnage du film avant diffusion, le documentariste rappelle : "Rogers Teunkam oublie volontairement de dire que son cabinet et le GAN ont accepté de participer à ce film sans droit de regard sur le résultat final. Une précaution d’usage, pour mener à terme un projet sans influence extérieure."

Comme il l'avait déjà expliqué à @si, il assure que les plaintes ne sont arrivées que "quand ils ont vu que les choses tournaient mal pour eux": la polémique créée par le film aurait conduit GAN à suspendre sa collaboration avec le cabinet de conseil. Cros ajoute à ce propos : "Je n’ai, bien entendu, aucune satisfaction de voir RST Conseil plongé dans l’embarras économique, et je n’ai aucun plaisir non plus de constater l’hypocrisie généralisée d’une profession qui a décidé de faire de ce cabinet de recrutement un bien confortable bouc émissaire."

Que l'on juge ou non sur la foi du réalisateur, les critiques de RST conseil auront néanmoins révélé la dure loi de l'entreprise. Ainsi conclut-il son droit de réponse : "Je ne peux que regretter, comme beaucoup, cet affligeant constat. Cet aveuglement permanent, ce refus de la plus élémentaire remise en question. Finalement, la réalité du monde de l’entreprise est encore plus sinistre que celle montrée dans ce film."

En octobre dernier, Didier Cros était l'invité d'@si et nous livrait ses méthodes de travail et sa réaction face à l'impact considérable de son documentaire. Pour voir l'émission, c'est ici.

(Noëmie Le Goff)

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