La fin du "parler vert"
Brève

La fin du "parler vert"

Tiens, revoilà les chiraquo-villepinistes et, dans leur sillage

, ce délicat parfum de logements HLM de Paris, de ricanements du Canard Enchaîné, et de communiqués à trous, mais néanmoins outragés. On avait perdu l'habitude. Le Canard accuse donc le nouveau ministre Georges Tron d'occuper un HLM. "C'est un ILN" (immeuble à loyer normal), réplique Tron, en sortant ses appels de charges. Le feuilleton est reparti. Il nous rajeunit. Vous vous souvenez ? C'était avant Internet, avant Guillon, quand il fallait attendre le mercredi.

Les lendemains de déroute sont toujours agités. Les petits enfants, et Chantal Jouanno, s'offusquent, s'étonnent, se désespèrent, de voir Sarkozy bazarder la taxe carbone en vingt-quatre heures (on parle moins, nationalement, du feu vert donné lundi par le préfet de la Manche au terminal charbonnier de Cherbourg...

picto (un terminal charbonnier, c'est ça)

... mais cette décision est aussi à ranger dans la colonne "l'environnement, ça commence à bien faire"). C'est rapide, vingt-quatre heures. Mais cela s'appelle la politique. Chirac et Mitterrand ont pratiqué de tels revirements, et presque aussi brutaux. Avoir un estomac d'autruche, est la première qualité exigible d'un président de la Ve République. D'ailleurs, Jouanno apprend vite : son désespoir n'aura duré que quelques heures.

Mais il n'y a pas seulement du cynisme présidentiel, dans la brutalité de l'abandon du "parler-vert" sarkozyen au lendemain de la déroute. Et pas seulement non plus l'abandon de la stratégie de la "triangulation", cette pratique consistant à emprunter le vocabulaire de l'adversaire pour brouiller ses messages, que décrivait ce matin Thomas Legrand sur France Inter. A tort ou à raison, on y sent aussi comme le dépit capricieux du petit garçon qui fracasse ses jouets, parce qu'on n'a pas voulu jouer avec lui. C'est en ce sens, que la quadrangulaire Villepin-Copé-Fillon-Sarkozy qui commence, risque de surpasser en intensité dramatique tout ce que l'on a connu jusqu'à présent, de mémoire de matinaute.

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