Karachi : une lettre du procureur cite Balladur et Sarkozy (Reuters)
Brève

Karachi : une lettre du procureur cite Balladur et Sarkozy (Reuters)

La piste des rétro-commissions semble se préciser dans l'affaire de l'attentat de Karachi. Reuters affirme aujourd'hui s'être procuré une lettre dans laquelle Jean-Claude Marin, procureur de Paris, évoque lui aussi un lien entre les commissions et le financement de la campagne d'Edouard Balladur.

Jeudi dernier, l'avocat de sept des familles concernées par l'attentat avait affirmé que l'enquête, qui avait longtemps privilégié la piste islamiste, s'orientait vers un contentieux franco-pakistanais, sur fond de contrats d'armements et de présumées rétro-commissions qui auraient pu financer la campagne d'Edouard Balladur (au moment où Sarkozy était son ministre du Budget). Interrogé à ce sujet, le président de la République a estimé qu'il s'agissait d'une "fable".

Or, dans un courrier de 2007, consulté par Reuters, le procureur Jean-Claude Marin mentionne une société du nom de Heine, créée au Luxembourg en 1994 par la Direction des constructions navales (DCN). Cette société était destinée au versement de commissions, officiellement légales à l'époque, pour faciliter la conclusion des marchés d'armement. Et peut-être plus encore, note le procureur.

"Plusieurs documents viennent interroger sur la nature exacte de cette activité en lien avec les pouvoirs publics", écrit le procureur, qui fait référence à un document chronologique (1994-2004) d'une page, non daté ni signé, racontant les circonstances de la création de la société Heine.

Ce document saisi à la DCN mentionne "l'aval du directeur de cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur , ndlr) et celui du ministre du Budget (Nicolas Sarkozy, ndlr) et laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour la présidentielle de 1995", explique-t-il.

L'arrêt du paiement de commissions au Pakistan et à d'autres pays, après la victoire de Jacques Chirac sur Edouard Balladur en 1995, a été confirmé à Paris Match mercredi par Charles Millon, ministre de la Défense entre 1995 et 1997.

Et pour suivre les premiers épisodes, notre dossier tout neuf, "Karachi, un Watergate français ?" est ici.

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