Karachi/Balladur : un dossier judiciaire porté disparu
Brève

Karachi/Balladur : un dossier judiciaire porté disparu

Enquête détruite.

Le site Mediapart signale (accès payant) la disparition d'un dossier judiciaire mettant en cause le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Le juge Renaud Van Ruymbeke l'avait réclamé fin mars, dans le cadre de son enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi.

Selon Mediapart, ce dossier est "une procédure judiciaire visant un ancien responsable de la sécurité des meetings du candidat Balladur, Olivier Michaud, qui certifiait avoir été rétribué pour ses services à hauteur de 5,3 millions de francs en espèces, exclusivement en grosses coupures de 500 francs". Le Monde évoquait déjà ce témoignage hier.

Un dossier précieux pour Van Ruymbeke, qui "cherche à déterminer depuis plusieurs mois si les fortes sommes d'argent liquide qui ont abondé de manière injustifiée les caisses de campagne du candidat Balladur proviennent de détournements de fonds opérés sur des ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie Saoudite, conclues fin 1994 par le gouvernement de l'ancien premier ministre".

Seulement voilà, le dossier Michaud a disparu des archives du tribunal de grande instance de Paris. Il a été détruit, conformément à la circulaire conjointe des ministres de la justice, Michèle Alliot-Marie, et de la culture, Frédéric Mitterrand. Elle préconise en effet que les "procédures classées sans suite, hors dossiers terroristes ou stupéfiants, ne soient plus conservées dans les archives des tribunaux 10, 20 ou 40 ans, comme c'était la règle jusqu'ici, mais plus que trois ans". A moins que le dossier ne présente "un intérêt particulier, soit parce qu'[il a] fait jurisprudence, soit parce qu'[il a] fait l'objet d'un traitement médiatique particulier".

Comme l'indique Mediapart, "le dossier Michaud, fermé en 2002, est par conséquent théoriquement «destructible» en 2009". L'affaire Karachi a éclaté en septembre 2008 et, en 2009, elle faisait déjà "l'objet d'un traitement médiatique non négligeable", souligne le site. Balladur commençait à être impliqué par la presse, et notamment par Mediapart, mais cela n'a pas suffit à sauver le dossier de la destruction.

Enfin, tout n'a pas disparu... Mediapart affirme que les enquêteurs ont réussi "à retrouver dans les archives du tribunal de Coutances, dans la Manche, des procès-verbaux d'octobre 1997 dans lesquels Olivier Michaud, le responsable de la sécurité des meetings de M. Balladur, évoquait déjà un ballet des espèces au QG de campagne du candidat".

Pour tout comprendre, plongez (à nouveau) dans notre dossier sur l'affaire Karachi.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.