Irak : Blair doit de nouveau se justifier
Brève

Irak : Blair doit de nouveau se justifier

Et de deux comparutions, en moins d'un an d'intervalle.

L'ancien Premier ministre, Tony Blair, doit être entendu aujourd'hui par la commission chargée de faire la lumière sur les conditions de l'intervention britannique en Irak en 2003. Lors de sa première audition, Blair avait défendu coûte que coûte sa décision d'intervenir militairement : pour lui, le combat contre "le monstre Saddam Hussein" était juste, la guerre n'était pas forcément illégale malgré l'absence de résolution explicite de l'ONU et il n'y avait pas eu de manipulation autour de l'existence (qui s'était avérée fausse) d'armes de destruction massive. En clair, circulez y'a rien à voir.

Mais son argumentation a été jugée un peu courte. Car entre-temps, d'autres témoignages sont venus contester la version présentée par Tony Blair : Lord Goldsmith, procureur général entre 2001 et 2007 et conseiller juridique du gouvernement, a par exemple expliqué à la commission avoir prévenu Blair, dès le mois de janvier 2003, que la résolution 1441 du Conseil de sécurité de l'ONU ne pouvait justifier une intervention armée. Pourtant, Blair avait soutenu le contraire quelques jours plus tard devant le Parlement.

Pour les membres de la commission, la deuxième audition de Blair s'avère donc nécessaire afin de "combler les blancs" et interroger Blair sur "les incohérences" constatées entre sa déposision et différents témoignages. Et à en croire l'AFP, cette deuxième audition devrait être un peu plus difficile pour l'ancien Premier ministre, qui ne se serait pas montré très coopératif : "de nombreux observateurs ont noté que le ton policé des échanges d'il y a un an devrait changer, en raison de l'irritation palpable provoquée par le refus -- prêté à M. Blair -- d'autoriser la publication de sa correspondance avec l'ancien président américain George Bush, au prétexte qu'elle revêtait un caractère privé". On comprend la prudence de Blair : imaginez qu’on apprenne par exemple qu’il savait dès le début qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive…

A la différence de la commission britannique, Le Grand journal de Canal + n'aurait pas prévu de réinviter Blair pour l'interroger sur les armes de destruction massive : en octobre 2010, le "gros mot" n'avait pas été prononcé.

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