Heine : "peut-être le ministère", admet Sarkozy
Brève

Heine : "peut-être le ministère", admet Sarkozy

On avance. Lentement, mais on avance.

Depuis trois jours, le "amis pédophiles,  à demain" de Sarkozy sème l'effroi dans la corporation, et ailleurs. Fallait-il ou non respecter le "off", rendre compte de l'ubuesque séance d'humiliation de journalistes par Sarkozy, en publier le verbatim ? Pendant trois jours, ce récit a circulé, et il en existe au moins une bande-son, que nous avons diffusée hier soir. Tout au long de ces trois jours, certains sites ont choisi de la diffuser partiellement, d'autres de ne pas la diffuser du tout. Bien.

Et tous les commentaires de se focaliser, évidemment, sur le "amis pédophiles, à demain". Normal. Fascinant, ce sketch sur les journalistes pédophiles. Inquiétant sans doute, mais fascinant. Hypnotisant, en tout cas. C'est d'ailleurs ainsi que nous-mêmes avons titré notre transcription mise en ligne hier soir. A tort. Car il y a bien plus intéressant, dans cette  scène, comme l'a immédiatement remarqué un de nos @sinautes. Pour la première fois, me semble-t-il, Sarkozy admet la possibilité que le ministère du Budget, sous son autorité, ait été à l'origine de la création de la fameuse société franco-luxembourgeoise Heine, qui avait pour fonction d'organiser le versement de commissions aux intermédiaires, dans les affaires de ventes d'armes. Sarkozy, dans le texte: "Y a-t-il un document qui montre à un moment ou à un autre que j'ai donné instruction de créer des sociétés luxembourgeoises ? Alors peut-être que le ministère l'a fait à un moment, j'ai été ministre du Budget deux ans, mais moi non, jamais !"

"Peut-être que le ministère l'a fait": c'est vague. Mais c'est un début, qui justifie des questions supplémentaires, une poursuite de l'investigation. Que cache ce "peut-être" ? Depuis que Sarkozy sait que Karachi le rattrapera un jour (et il le sait) depuis qu'il sait qu'il devra fatalement s'expliquer, est-il imaginable qu'il ne se soit pas rafraichi la mémoire, sur la création de ces sociétés franco-luxembourgeoises alors qu'il était ministre du Budget ? Que ce début d'aveu, formulé devant des journalistes, n'ait pas immédiatement donné lieu à des dépêches et à des compte-rendus, en dit long sur une technique de camouflage à laquelle on ne réfléchit pas assez: le nuage d'encre. Et pour que nous ne soyions pas accusés, une fois de plus, de donner des leçons à la confrérie entière, je répète que nous nous incluons volontiers dans la bande des victimes du procédé.

 

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