Fin des recherches d'hydrocarbures conventionnels : l'annonce (presque) inaperçue de Royal
Brève

Fin des recherches d'hydrocarbures conventionnels : l'annonce (presque) inaperçue de Royal

Ségolène Royal annonce que la France n'accordera plus de permis de recherches d'hydrocarbures conventionnels… et ? Et rien, s’agace Maxime Combes, économiste et membre d’Attac, qui regrette sur son blog que cette "annonce majeure" soit passée inaperçue des médias (et des écologistes). Un désert médiatique ? Presque. Le Figaro a consacré au sujet un article pour rappeler que la production de pétrole est anecdotique en France.

Pourtant, selon Combes – qui vient de publier Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition – l’annonce de la ministre de l’écologie "aurait dû déclencher une tempête médiatique et une avalanche de réactions. Des applaudissements nourris venus des ONG, des écologistes ou des promoteurs d'une véritable transition énergétique. Sur l'autre versant, industriels et champions du statu quo auraient dû exprimer des réprobations furieuses! Entre les deux, éditorialistes et commentateurs auraient essayé de concilier l'inconciliable, le climat et la fuite en avant extractive. Rien n'est venu. Aucune réaction officielle. Aucun communiqué de presse. Aucun édito. Aucun article (hormis la reprise de la dépêche AFP sur quelques sites d'information)."


Quelle est donc cette annonce qui aurait dû faire l’objet d’une tempête médiatique ? Comme le raconte l’AFP, interrogée à l'Assemblée nationale par un député socialiste mardi dernier, la ministre a en effet annoncé la mise en place "d’un système de refus de toute nouvelle demande d'autorisation de recherches d'hydrocarbures conventionnels". Mieux : Royal justifie cette décision pour "inciter les groupes industriels qui s'engagent dans ce type d'activité à réorienter leurs investissements vers la production d'énergies renouvelables ou vers la production de l'efficacité énergétique".

Combes applaudit : "l’annonce reprend mot pour mot les exigences de toutes celles et ceux qui préconisent aujourd'hui de geler une majorité des réserves prouvées d'énergies fossiles pour répondre à l'urgence climatique". Même seul dans le désert, l’économiste encourage Royal à continuer dans cette voie puisque, selon les chiffres du ministère, la France comptait 54 permis de recherches et environ 130 demandes de permis de recherches : "il est plus qu'urgent de remettre à plat les permis de recherche existant – dont certains concernent manifestement des hydrocarbures non conventionnels – et de refuser les nouvelles demandes de permis" encourage-t-il.

Une annonce totalement passée à la trappe ? Pas tout à fait. Hormis les quelques reprises de la dépêche – ici ou Le Figaro a tout de même consacré à l’annonce de Royal un long papier ce matin tout en assurant que, de toute façon, la production de pétrole en France était anecdotique. Pour preuve : "depuis quelques temps déjà, l'exploration en métropole subit une baisse drastique, reflétée par la dégringolade des dépenses d'exploration. Ces dernières ont été divisées par 10 entre 2013 et 2014, passant de 742 millions d'euros à 77 millions d'euros. Selon les prévisions, elles devraient encore fortement baisser à 16 millions d'euros en 2015". Le Figaro précise également que "la production française de pétrole ne représente seulement 1% de la consommation nationale".

Quant aux données sur le nombre de permis en cours, là encore Le Figaro relativise : le permis de recherche – à ne pas confondre avec le permis d’exploitation – "est attribué pour une période de 5 ans et peut être prolongé à deux reprises, chaque fois de cinq ans au plus. Selon le ministère de l'Environnement, aucun nouveau permis n'a été attribué en 2014. […] En moyenne, depuis 35 ans, seuls 15 permis de recherches d'hydrocarbures ont été attribués chaque année". Un début d'un débat qui ravira Maxime Combes ?

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