Droit à l'oubli : pianiste américain contre mauvaise critique
Brève

Droit à l'oubli : pianiste américain contre mauvaise critique

Une demande "plutôt terrifiante".

Le Washington Post est encore tout secoué de sa première demande de droit à l'oubli. Un pianiste croate, Dejan Lazic, a envoyé vendredi 30 octobre une requête de suppression d'un article du site du quotidien américain. En cause, un papier de la critique musicale Anne Midgette qui, selon le pianiste, nuit à son image car il figure en première page de recherche sur son nom, depuis qu'il a été publié en 2010. Européen, Lazic estime qu'il peut faire valoir le droit à l'oubli, reconnu par la Cour de justice de l'Union européenne. Pour lui, il n'est absolument pas question de "censure" mais simplement de contrôle "de son image, et de la vérité". Il estime être la victime d'un article "diffamatoire, mesquin et partial".

Outre son erreur de droit (les demandes de déréférencement doivent être adressées à Google et non au journal), la demande pose un vrai problème, estime le Washington Post. "Nous devrions vivre dans un monde, selon Lazic, où tout le monde - pas seulement des artistes mais aussi des hommes politiques ou toute personne publique - pourraient éditer ses informations en fonction de ses opinions et goûts personnels. Et ce au nom d'une vérité objective", note le quotidien, très critique à l'égard de la conception européenne du droit à l'oubli.

"Qui détient la vérité ? Le compositeur ou la critique ? Et surtout, qui doit décider ?" s'interroge le Post, qui souligne surtout que l'article incriminé par Lazic est loin d'être aussi virulent qu'il le laisse entendre. Si le papier en question note bien un manque de sensibilité du pianiste lors d'une représentation, il rappelle toutefois qu'il est "profondémment doué" et que sa technique est un "régal". Peu de risque donc que le Washington Post retire le papier, qui pourrait même monter dans les résultats Google, en vertu de l'effet de Streisand.

L'occasion de voir notre émission 14h42 : Droit à l'oubli: Google, le géant embarrassé ainsi que de lire notre article sur un restaurant français qui a demandé (et obtenu) la suppression d'un post de blog critique

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