Deux interviews racaille
Brève

Deux interviews racaille

Deux terreurs parlent au Monde

. Le nommé Jean-Paul Huchon, président sortant du Conseil Régional d'Ile de France, vient d'être débarqué par le PS de la campagne des Régionales, au bénéfice de l'actuel président de l'Assemblée, le nommé Claude Bartolone (vue imprenable sur sa terrasse ici). Huchon, donc, s'épanche dans Le Monde : « On ne me traite pas comme une serpillère. Sur le ring, je n’ai jamais jeté l’éponge. Ils ne me connaissent pas! Ils ne savent pas que j’étais un petit garçon batailleur! Pourquoi croyez-vous que j’aime le rock? C’est parce que c’est de la musique très forte. Et assez violente. La bluette, ce n’est pas mon style» Notons bien qu'il ne demande rien, aucune compensation, souligne Le Monde, avec une délicieuse pointe de scepticisme sur ce désintéressement. Cependant, s'interroge, suave, le journal, refuserait-il la présidence du Conseil Economique, Social et Environnemental ? "C'est une hypothèse". A toutes fins utiles, si un remaniement se profilait, il rappelle son intérêt pour "les questions agricoles". Quelques heures plus tard, Huchon se rangeait derrière Bartolone. Il devrait être reçu par Hollande aujourd'hui.

Dans les mêmes colonnes, des nouvelles de Henri Proglio. Emmanuel Macron vient de le barrer pour la présidence de Thalès, au motif qu'il siège au Conseil d'administration de deux entreprises russes. Sulfatage en règle du barré dans Le Monde, encore. Extraits. "Je reproche à ceux qui sont aux responsabilités de manquer de courage et de respect. Je vous rappelle que l’Etat a attendu la veille de mon renouvellement chez EDF pour me prévenir à 7heures du matin qu’il avait changé d’avis et que je devais partir! Comme Bercy me parle par voie de presse, je fais de même. Il faut arrêter de me prendre pour un guignol, un espion, un goinfre, un traître… J’en ai assez du soupçon, de l’humiliation. Ce n’est pas comme cela que je conçois la démocratie dans mon pays. Je ne suis pas de la sphère politique, mais j’ai des valeurs. Pour moi, une parole est une parole, on ne revient pas dessus (...) Il n'est pas né celui qui va m'abattre, personne ne me fait peur".

Les deux sont bardés de conseillers en communication payés à la hauteur de leurs mérites, qui négocient, et balisent au point virgule près, la moindre de leurs interventions publiques. Soit, sous le coup de la colère, ils les ont court-circuités pour accorder ces interviews, soit les conseillers ont découvert que l'interview racaille, du type arrête-moi ou je fais un malheur, était la communication la plus efficace. Ce qui reste à démontrer, ces deux interviews s'apparentant davantage à des cris de rage qu'à des tentatives d'intimidation.

Philippe Varin, lui, n'a accordé aucune interview. Après le dévoilement la semaine dernière du montant de sa retraite chapeau, l'ex-PDG de PSA n'a rien dit. C'est Macron qui a parlé pour lui, en lui renouvelant sa confiance, comme PDG d'Areva (oui, parce qu'il avait échappé au matinaute que Varin est aujourd'hui PDG d'Areva). Selon Le Canard Enchaîné, Varin a appelé Macron, en le menaçant de démissionner. Comme quoi les vieilles méthodes sont les plus efficaces.

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