Député / frais : premier scoop des Macronleaks (Mediapart)
Brève

Député / frais : premier scoop des Macronleaks (Mediapart)

C’est la première vraie révélation issue des Macron Leaks

. Jusqu’ici les milliers de documents internes de l’équipe de campagne, piratés et mis en ligne à quelques heures du second tour, n’avaient débouché sur aucune révélation sérieuse. Rien de compromettant pour l’équipe d’En Marche dans les MacronLeaks ? Jusqu’à la publication d’une enquête de Mediapart, qui a épluché 11 mois de relevés bancaires d’Alain Tourret, député sortant (PRG) du Calvados, et candidat aux législatives sous la bannière La République en marche. Des documents issus du hacking qui en disent long sur la façon dont cet élu, proche d’Emmanuel Macron a utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM).

"Selon nos informations cet élu proche d’Emmanuel Macron, investi par La République en marche (REM) aux législatives de juin prochain, a abusé de cette enveloppe de fonds publics à plusieurs reprises ces dernières années", affirme Mediapart. Abuser ? L’IRFM, c’est cette indemnité de 5 300 euros net par mois que chaque parlementaire touche en plus de son "salaire". Une enveloppe d’argent public qui a vocation à couvrir des frais strictement liés au mandat d'élu. Or, en épluchant les relevés bancaires de Tourret (datant de 2013, 2014 et 2016), Mediapart a constaté que l’élu avait utilisé une partie de cette indemnité à des fins personnelles : achat d’une télévision, de places de cinéma, paiement de parties de golf et de vacances au Club Med au Sénégal…

Une entorse d’autant plus fâcheuse, estime Mediapart, que Tourret a tenu un rôle de conseil auprès de Macron sur la question de la moralisation de la vie publique. Joint par le site, l’intéressé concède : "Il est certain qu’on peut estimer que c’était plus prudent [de payer avec des fonds personnels], plus opportun si vous voulez." Il a par ailleurs fait savoir au site qu’il venait de régulariser en partie sa situation en remboursant plus de 16 000 euros.

"l’urgence d’instaurer un contrôle"

Selon Mediapart voilà qui vient "démontrer une fois de plus, l’urgence d’instaurer un contrôle sur cette indemnité représentant 66 millions d’euros de fonds publics par an, et régulièrement détournée à des fins privées". Le site rappelle en effet les précédents : "nous avons dévoilé que Jérôme Cahuzac dépensait son enveloppe chez un fabricant de hammams, que sa collègue Marie-Hélène Thoraval (LR) la siphonnait pour une croisière en Méditerranée, Bruno Retailleau (LR) pour un chèque au candidat Sarkozy, ou encore Yves Jégo (UDI) pour son micro-parti."

Depuis, le règlement de l’Assemblée nationale s’est fait plus strict. "Cependant, un contrôle efficace en interne et la transparence pour le public restent inexistants et les sanctions se retrouvent ainsi quasi-inapplicables", note quant à lui le collectif Regards Citoyens qui milite pour davantage de transparence et dont nous avons reçu l'une des représentantes dans notre dernière émission. Pour ce faire, cet observatoire citoyen de l'activité parlementaire a lancé une intiative : demander à chaque député de communiquer publiquement les relevés de comptes bancaires consacrés à l’IRFM. Le collectif a ainsi mis en place une plateforme permettant de suivre l'avancement des demandes et de distinguer les députés volontaires et réfractaires. Regards Citoyens a prévenu : "En cas de refus, nous saisirons les juridictions nationales et européennes pour obtenir cette légitime transparence".

L'occasion de voir notre émission de la semaine avec Suzanne Vergnolle, membre de "Regards Citoyens" et Laurent Cibien, réalisateur du documentaire sur Edouard Philippe, Mon pote de droite.

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